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4 – Combat jack

Ca devient compliqué, les épisodes de Generation Kill. Pas une scène qui ne mérite pas qu’on en parle, pas une image qui ne mérite pas d’être capturée, pas un acteur qui ne mérite pas que j’en tartine des caisses sur sa magnificence. On ne sait plus où donner de la tête à blogsorciere.com.
Alors, on va essayer de faire concis, de faire récit. Cet épisode, le quatrième (ouhla, on arrive à la moitié), c’est quoi ?

C’est l’Homme de glace qui nous pète un petit boulon à sa manière, c’est-à-dire en tapant comme un sourd sur sa voiture avec un visage de marbre. Ce qui fait un peu peur même s’il est splendide dans cette position.

(Bonjour ! )

Ce sont les autres qui considèrent avec inquiétude ce soldat modèle ébranlé par la vue d’un petit berger canardé par un de ses hommes. Et qui se disent que si Brad Colbert se met à craquer, si Brad Colbert se met à avoir un coeur, ils sont mal. D’autant que du côté des supérieurs, c’est pas trop ça non plus.

Poke : Ain’t the hajjis gonna kill us, man. It’s fucking command.

Ce sont des soldats déjà pas au mieux et dont on comprend très vite les petits rituels, les petites superstitions, qui perdent le symbole de leur bataillon depuis le Viet-Nam, leur drapeau, paumé avec le camion de ravitaillos. La honte.
C’est Doc Bryan, merveilleux, qui me scotche au bout de trois minutes d’épisode, lorsque Encino Man, le chef de Bravo, vient jouer son petit démagogue en treillis et demander aux hommes quelles sont leurs doléances. Doc Bryan, il serre les dents et reste silencieux, mais lorsque Mr Muscle insiste, il lâche le tout avec une dignité et une simplicité qui m’auraient presque fait pleurer.

Doc Bryan : Well sir, it’s just that you’re incompetent, sir.
Encino Man : I’m doing the best I can.
Doc Bryan : Sir, it’s not good enough.

Un peu plus tard, il y a le discours du même Encino Man qui tente désespérément de motiver ses hommes et de réaffirmer son autorité par un discours qu’il veut fort et percutant et qui tombe complètement à plat.

Les yeux fermés du lieutenant Carambar, au bord de tout faire péter, c’est une image très forte.

Encino Man : It was the enemy who stole your food from you and you should be really really mad at them !

Oui, et n’oubliez pas que l’ennemi… c’est l’ennemi.
Waouh, bravo, gars. Tu es super doué en discours, je parie que c’est toi qui a donné des leçons à l’amiral Adama.
Et ce n’est pas du tout infantilisant, comme méthode. Areuh.

C’est Kocher, aussi, qui manque de faire chier Captain America, ce danger à la nation, dans son slip.

Kocher : You fire an AK one more time, I’ll fuck you up.

Et il ira l’enterrer, Captain America, son impressionnante collection de flingues ennemis. Même si on sent que c’est un crève-coeur. Très rassurante, comme vision.
C’est aussi Godfather qui, comme pour nous rappeler à l’ordre d’applaudir ces petites révolutions, souffle dans les bronches de ses hommes parce qu’ils râlent après leurs supérieurs et discutent leurs ordres. S’il y en a un qui peut se sentir concerné, c’est bien le Lieutenant Carambar.

C’est encore Ray qui se fait interrompre alors qu’il est en train de se faire plaisir, pauvre petit bichon.

Ray : Jesus fucking Christ, Walt, are you serious ? My first combat jack !

D’où le titre de l’épisode. C’est qu’il est beaucoup question de pignole, ici, on ne sait pas trop pourquoi, c’est comme le caca, on en parle tout le temps. (Enfin, si, on sait un peu pourquoi, quand même.)
D’ailleurs, après une longue conversation qui démarre sur Pocahontas et qui se poursuit sur Poke soudainement devenu indien (ce qui lui vaut de se faire allumer par Brad qui lui fait remarquer qu’un coup il est black, un coup il est mexicain, et que pourtant, il ne traîne qu’avec des blancs), Ray recentrera magnifiquement le débat par un très autoritaire : « What the fuck does any of this have to do with jerking off ? »

J’avoue que ces conversations très masculines, elles me font beaucoup rire et je les trouve très mignonnes.
C’est quoi d’autre, donc… ah oui, c’est l’Homme de glace qui finalement, après un long mutisme salvateur, fait son grand retour parmi les vivants.

Et puis c’est beaucoup Alpha, aussi, cet épisode. Il s’attarde longuement sur les errances des trous du cul de la compagnie soeur de nos chouchous. Ceux-là, ils ont de la merde dans les yeux, ils ne savent pas viser et ils ramassent la bouffe tombée par terre parce qu’ils crèvent la dalle.

C’est pas glorieux, mais avoir faim, ça n’est l’est guère plus.
Ce sont ces putains d’officiers supérieurs, une fois de plus, qui décident de faire bombarder une belle tranche de désert totalement vide. Et qui cherchent à s’en justifier.

Trouf’ : Let’s give the Lt. a tank. He can get his medal, we can get the fuck out of here.

Cette réplique, elle a tourné longtemps dans ma tête. Combien de millions foutus en l’air pour bombarder du sable ?

Mais c’est également une scène exceptionnelle d’humour, celle où Meesh est réquisitionné par un lieutenant d’Alpha pour interroger un civil et qu’à quelques mètres de là, trois soldats font leur propre doublage de leur conversation. Avé l’accent.

Burris : And Meesh is all, « Dude, these Iraqis love the fact that we are here. They fucking love freedom and they thought that those fireballs last night were fucking wicked, dude. You Americans have killed a lot of sand. The sand was very evil. »
Smith : The Lieutenant?EUR(TM)s all, « Meesh, I just shit my panties. Tell the nice man if he doesn?EUR(TM)t show me at least one blownup tank, I?EUR(TM)ll look very stupid and the other officers will laugh at me. »
Burris : And Meesh is all, « Dude, throw me a friggin?EUR(TM) bone here. How about a frigging pickup truck with bald tires ? »
Fawcett : Bro, and the Hajji?EUR(TM)s all, « Habdaba ? Dabity daba. » And Meesh is, « Lieutenant, this Hajji dude is totally bummed he can?EUR(TM)t save your career. He?EUR(TM)s got no tanks, but check it out, you can have his bitchin?EUR(TM) daughter. »
Smith : And the Lieutenant?EUR(TM)s all weepy and shit. Fucking frat-house pussy.

Exceptionnel. Tellement outrageux, tellement insolent, tellement déplacé… et tellement vrai. Et pour couronner le tout, le pauvre Irakien qui flanque sa chèvre dans les bras de Meesh, tout fier d’avoir trouvé son dîner.

Meesh : Lt. turned it down. I am really hungry.

Et c’est Alex Skarsgard qui tombe enfin la chemise. D’abord le haut, pour rigoler de l’aumônier qui se fait envoyer paître par Ray.

(Intéressant d’aborder la religion dans ce genre de situation et de souligner le fait que si le journaliste porte un flingue et peut tirer en cas de pépin, l’aumônier, lui, que dalle, il est juste là pour faire la messe, bouffer les rations et rester assis sur son cul.)

Et pour ranger ses petites affaires sous les regards envieux des deux crevettes qui ont du mal à ne pas mater ses épaules avec envie.

Avant de tomber le bas un peu plus tard parce que l’heure c’est l’heure et que c’est bougrement compliqué de poser sa pêche en pleine mission.
(Je ne vous mets pas la capture de son cucul, mais le coeur y est.)

Rolling Stone : Going to shit is a big deal for sergeant Colbert, isn’t it ?
Ray : In a war zone, Marine shit tactically. Piss too. Sometimes a situation requires that you do not leave the vehicle regardless.

Le pire, c’est qu’il joue ça super bien, le sergent Krisprolls, et qu’en même temps, les autres chantent, ce qui fait de cette scène un peu embarrassante sur les bords quelque chose de plutôt croquignolet et de limite poétique.

Brad : Daddy’s back !

A défaut de vous montrer le ptit cul du gaillard, je vous la fais behind the scene parce que je suis tombée sur une interview à mourir de rire d’Alex Skarsgard et de son pote James Ransone (alias Ray) en compagnie d’un des producteurs et que ça vaut son pesant de caca… houètes.

James : I?EUR(TM)ll tell you all a little story about this scene. I was fucking blown away. I saw the Iceman?EUR(TM)s penis this day.
Simon : Yeah, I think about two hundred people did.
James : There?EUR(TM)s footage of it somewhere. AMERICA, FIND IT !
Alex : Well, absolutely, people love nudity.
James : Yeah, dude, you really went for it here. I was like, « Wow, he like took his underwear off, showed ass and everything. » I was stoked !
Alex : Yeah, I remember that when I came back to the humvee, you?EUR(TM)re like, « I saw… I saw your penis ! »
James : It?EUR(TM)s huge, dude, don?EUR(TM)t be embarrassed.
Alex : My ass ?
James : No, your?EUR? hum… cock.

Beaucoup moins drôle, le fil rouge de cet épisode : un Marine chopé par l’ennemi et crucifié (hop, ça nous relie directement à la messe célébrée par l’aumônier), dont il faut récupérer le corps. Je ne sais pas si j’ai bien compris, mais apparemment, c’est une nénette, d’ailleurs. Et ça, les Marines, ils n’aiment pas bien qu’on tue et qu’on crucifie les leurs. Ca les rend méchants, d’ailleurs, les gars d’Alpha. Au point d’avior une forte envie de pisser sur les cadavres des « futurs terroristes » comme ils les appellent. Ca vous met de bonne humeur un truc de fou.
La mission d’Alpha évolue lentement en quelque chose de très différent : s’allier avec les troupes irakiennes pour traquer Ali le Chimique. Inutile de dire qu’ils ne rentreront ni avec les restes du collègue, ni avec Ali le Chimique.
Pauvre Captain Patterson, pieds et poings liés, et qui en plus se fait chourraver ses Oakley par son collègue irakien.

Ah oui, et dans cet épisode, chose fort intéressante, on débarque nos troufions-mignons de Bravo pour fouiller un village histoire de débusquer des mortiers.

Sympa, ces images, non ? Pas du tout évocatrices et terrifiantes. Evidemment, ils ne tuent personne ni rien. Mais rien que de revoir ces captures, ça me colle la gerbe.
En revanche, quand Ray balance un regard interrogateur à Brad lorsqu’il trouve de la came dans une baraque et que ce dernier lui fait signe de ne pas y toucher, j’ai adoré sa réplique. On n’est pas là pour foutre en l’air leur revenu.

Dans cet épisode, ça va beaucoup mieux pour Trombley qui, en pleine fusillade, reste planté là, avec ses jumelles, en attendant que ça se passe et en criant : « It’s cooool ! »

Avant de confier à ses camarades ce qu’il a ressenti en se faisant canarder.

Trombley : This may sound weird but deep down, I kinda wanted to see what it feels to get shot. Not actually shot but… I don’t know I just get more nervous watching a game show at home on TV than I do here.

Bien, bien, bien.

Ca finit très fort pour nos chouchous de Bravo qui doivent établir un barrage sur une route, et le tenir à 70, sans renforts ni rien. C’est très sympa, ça aussi. Une bagnole arrive, tirs de semonce. Et si elle ne rebrousse pas chemin séance tenante, hop, on liquide tout ce petit monde.

Terrifiant. Ces scènes nocturnes, elles sont atroces, j’en arrive à les redouter, limite à les détester.
Ce qui nous amène directement à la scène SUPER agréable de cet épisode. On réquisitionne Meesh, l’interprète… on se demande ce qui nous attend. Là, une bagnole proprement démontée. Et Meesh qui doit demander au chauffeur pourquoi celui-ci n’a pas rebroussé chemin au tir de semonce.

A l’arrière, ceci.

Vision qui vous terrasse si vous n’êtes pas déjà recroquevillé avec juste les yeux qui dépassent du pull.
Et qui visiblement fait le même effet à Rudy, venu escorter Meesh.

Meesh : He says he’s sorry. He wants to know if he can take his daughter’s body.
Rudy : He said he’s sorry ? We just fucking killed his daughter !
Meesh : Arabs don’t grieve the way you do. It’s different for him.

Humpf…

Pauvre Rudy. Cassé. Et moi, je me demande bien ce que ça fait de tourner une scène qu’on a déjà vécue. En vrai. Puisque Rudy Reyes interprète ici son propre rôle. Sûrement SA scène. Brrrrr…

Enfin tout ça progresse. Lentement mais sûrement, Bagdad approche. Et il faut traverser nombre de villes. Certaines hostiles, désertes, parfois dans un silence pesant, avec des habitants terrifiés prostrés à terre à côté des cadavres et des tireurs embusqués aux fenêtres.

D’autres « libérées » dans la liesse.

N’empêche qu’on finit avec la bouboule dans la gogorge.
Et ça me fait du bien d’être tombée sur des photos des acteurs ensemble, avec la banane, et même d’apprendre qu’ils se font des soirées « GK » entre eux tellement ils sont restés potes. Ca n’enlève rien au côté documentaire de cette série, mais ça permet de décrocher quand vraiment ça devient insoutenable.

Posted by on Déc 26, 2009 in Generation kill | 6 comments

6 Comments

  1. La scène du barrage routier était une épreuve. N? »ud dans la gorge, envie de vomir, et tout. Heureusement qu’il y a toutes les conversations pipi-caca autour pour détendre l’atmosphère et respirer un coup (voire franchement se marrer, merci Ikéa, et merci, merci Ray). J’aime le fait que dans cette série on ne voit certains personnages que quelques secondes par épisodes, et qu’ils soient aussi sublimes que des dieux tombés accidentellement de leur Olympe. Je pense au Doc’, à Rudy… Toutes leurs micro-scènes sont des perles.
    Merci d’avoir posté la petite interview, j’ai eu mon fou rire de la soirée !

  2. Je trouve aussi que le côté « choral » est super bien géré. C’est très impressionnant. Surtout pour Doc Bryan, Rudy et aussi le Captain Patterson. Et Pappy. On le voit une demi-seconde et pouf, il est pourtant là, en capture d’écran.

  3. Je viens de découvrir ton blog et je l’aime déjà!Generation Kill a été une vraie tuerie!Sublime!Ta critique me donne furieusement envie de revoir cette série, rien que pour essayer d’enfin retenir le nom des persos parce que ça le fait pas de pas savoir les noms des persos dans une série que j’ai trouvé aussi sublime!Magnifique scène avec le sergent "Krisprolls" qui va faire sa grosse commission!XD Et la scène avec la petite fille m’a juste arraché le coeur…et les yeux du Lieutenant Carambar…je fond à chaque fois!Merci pour ces jolies photos!Ca rappelle de bons souvenirs!

  4. Pas encore vu Generation Kill mais il faut vraiment que je m’y mette pour me faire mon avis. Tes articles me donne vraiment envie de les voir!
    Merci pour ton blog et surtout pour tes articles sur True Blood, Six feet under, Firefly et Dollhouse !!

  5. Sorcière, tu es géniale !
    Grâce à toi j’ai découvert BSG, Dr Who et je me suis même remise à Torchwood que j’avais lâchement abandonné.
    Et maintenant ce petit bijou, au départ pour combler le manque Skarsgårdien, mais qui s’avère être bien plus intéressante.
    Donc, sans vouloir faire de la lèche, merci et longue vie à la Sorcière !

  6. C’est gentil, je suis contente que ça te/vous plaise ! 🙂

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