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220 : What is and what should never be

C’est parti pour la dernière ligne droite de cette saison… A vrai dire, j’angoisse. Bien plus que la première fois. Normal, je sais à quoi m’attendre. Brrrr…

Déjà, rien que le « Then » avec John, Mary, Jessica (rien que de la revoir, j’ai compris que je ne l’aurais jamais supportée trois secondes de plus, la pauvre enfant), après tout ce temps, ça vous fout le bide en vrac. Quand on voit ça, on sait qu’on va morfler. Et comme d’hab, à travers la victime privilégiée des créateurs de la série, à savoir : Dean Winchester, bien sûr.

Depuis le début de la série, on observe ce brave garçon se débrouiller comme un chef dans cette vie de merde, cette vie qui ne ressemble à rien mais qui lui a été imposée et qui est devenue la sienne. Et si cette vie semble lui être taillée sur mesures, difficile de ne pas se demander d’une part ce qu’il aurait donné dans une vie « normale » (mais chiante), et d’autre part, si honnêtement, il ne l’aurait pas souhaitée, cette vie « normale ». Parce que Dean, le roi de l’enfumage et de l’arnaque, n’a de cesse de répéter à quel point il s’emmerderait s’il n’avait pas sa bagnole et ses démons à chasser. Mais au fond, tout au fond de lui, qu’en est-il ?
Eh bien c’est justement à ça que sert cet épisode. Même si hein, on n’est pas tout à fait dupes.

Alors, un djinn, cékoidon ? Eh bien un djinn, c’est un génie. Oh, pas du genre frotti-frotta Prince Ali oui c’est bien lui etc. Non, pas tout à fait. Le djinn auquel se frotte Dean, il ressemble plutôt à ça.

Ouh le vilain monsieur ! Et s’il se nourrit des gens qu’il attrape, pendant ce temps, il réalise effectivement leurs voeux… du moins le leur fait-il croire. Et le voeu de Dean, il est très simple, c’est un vrai souhait de petit garçon : que sa maman ne soit pas morte.

C’est comme ça que Dean se réveille à côté d’une jeune femme inconnue, dans un appartement inconnu, dans sa ville natale, au Kansas.

Et que lorsqu’il appelle Sam, il trouve ce trou du cul en train de réviser son droit à l’autre bout du pays.
Il ne lui faut donc pas longtemps pour découvrir que…

… sa mère est vivante. Ca fait un effet juste monstrueux de la voir là, en chemise de nuit, et lui complètement bouleversé, comme s’il venait de voir la fée bleue. A ce moment-là, il a quatre ans, Dean Winchester.

On reprend tout depuis le début. Pas de démon, pas d’incendie. Mary, qui en deux saisons a eu le temps de devenir à nos yeux l’équivalent de la mère du Christ (fallait bien que j’écrive ça le jour de l’Assomption), est bien vivante et la famille Weuh mène une petite existence pépère au fin fond de l’Amérique version middle-class.
Dean bricole des bagnoles et Sam… ma foi, Sam s’est quand même tiré, ce qui m’a bien fait marrer. Ce petit con se serait cassé quand même, ce qui prouve bien que ce n’est pas qu’une question de démons, de Daddy et de vie de bohémiens.
Le grand truc, fidèle à lui-même, étudie donc pour devenir avocat et gras du bide, et voyez-vous qu’il se fiance avec son insupportable blonde qui est aussi longue, molle et chiante que lui.

Dean, lui, vit avec une brune infirmière.

Dean : I’m dating a nurse. How… respectable.

Et il est ravit de tondre le gazon de sa maman.

(Oh, la version de « What a wonderful world » par Joey Ramone je l’adore. A fond dans ma petite Metallicar à moi.)

Et puis il est presque ravi de constater que sa caisse présente tous les symptômes de la bagnole pourrave d’un jeune Amerloque très moyen.

Dean : Who would have thought, baby ? We’re civilians…

Pendant ce temps, la Sorcière se désole.
Heureusement, Dean déchante, bien sûr. Car si Zyeux Jaunes n’est jamais venu fricoter chez lui, ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas. Et tous les autres avec lui. Chaque démon que lui et Sam ont arrêté dans leur autre vie est resté libre dans celle-ci. Et ça fait du dégât.

L’instinct du chasseur remonte à toute vitesse. D’autant que du côté du petit frère, c’est pas la joie. Re-grande rigolade en ce qui me concerne : constater le chemin qu’a pris Sam, complètement détaché de sa vie de famille, venant embrasser sa mère une ou deux fois par an, et considérant son frère aîné comme un ivrogne bon à rien qu’il n’est pas loin d’être, limite comme un dément.
Et là, on le sait : c’est ce qu’ils seraient devenus s’ils n’avaient pas sillonné l’Amérique au volant de l’Impala. Deux louzeurs, chacun à leur façon. Le grand truc pétant plus haut que son cul de futur avocat de mes fesses, et Dino, petit rien du tout de province se vidant un pack de six avant de se mettre à ronfler devant la télé avec une main dans le calebute.

Clair qu’en tant que chasseurs, ils sont complètement azimutés. Mais franchement, tout vaut mieux que ça. Et quand on se souvient du premier épisode de la série, on revoit parfaitement Sam partir complètement dans cette direction au moment où Dean vient le chercher. Terrifiant.
Un vrai crève-coeur de constater la froideur de Sam à l’égard de son frère qui est tellement content de le voir et qui a partagé tant de choses avec lui. De se dire que s’il n’y avait eu la mort de leur mère puis la disparition de leur père, le fossé entre les deux frangins se serait irrémédiablement creusé. C’est peut-être ça, le pire. De constater à quel point ils n’ont rien d’autre en commun que leurs deuils et ce qu’ils ont développé après ça. (Difficile, en outre, de ne pas penser qu’il ne faudrait pas grand-chose pour les séparer définitivement tellement à cet instant leur attachement mutuel semble ne tenir qu’à un fil.)
Pire que de les voir se mettre sur la tronche dans certains épisodes, il y a cette banquise. Du côté de Sam, en tout cas, puisque Dean a gardé tous ses souvenirs. Et qu’il ne comprend pas pourquoi son frère n’est pas son meilleur pote.

Sam : Dean, come on, we don’t talk outside holidays.
Dean : We don’t ? Well, we should. You’re my brother.
Sam : « You’re my brother. »
Dean : Yeah !
Sam : You know, that’s what you said when you snaked my ATM card, or when you bailed on my graduation, or when you hooked up with Rachel Nave.
Dean : Who ?
Sam : Uh, my prom date. On prom night.
Dean : Yeah, that does kinda sound like me.

Et John, me direz-vous ? Ironie suprême, John est mort dans son sommeil, emporté par un infarctus. Le grand chasseur de démon John Winchester, parti du coeur à cinquante deux balais. On croit rêver. Chose incroyable, Dean est soulagé d’entendre sa mère lui apprendre cette mort bien peu glorieuse.
Constatant cependant que les démons s’en donnent à coeur joie étant donné que les Winchester ne sont pas là pour les arrêter, Dean s’en va visiter la tombe de ce père mort tranquillement. Dans la chronologie, ça aurait été avant la saison 1. Comme c’est terrible de se dire que c’est la chasse et la soif de vengeance qui l’ont conservé et lui ont donné quelques années de plus.

Pauvre Dean. Prisonnier de son propre souhait et rappelé malgré lui par sa vraie vie. Il suffirait qu’il ferme les yeux, qu’il ignore tout ça. Qu’il reste où il est. Mais il ne peut pas…

Dean : So go hunt the Djinn. It could put you here, it could put you back. Your happiness for all these people’s lives. No contest. Right ? But why ? Why is it my job to save these people ? Why do I have to be some kind of hero ? What about us, huh ? What, Mom’s not supposed to live her life, Sammy’s not supposed to get married… Why do we have to sacrifice everything, Dad ?

En plus de cela, le voilà hanté par une jeune fille. Il n’en faut pas plus pour qu’il décide de partir à la recherche du djinn. Avant ça, un petit raid dans l’argenterie de moman… réveillant au passage le grand truc qui dort probablement avec ses chaussettes.

(Oui, bon, les bras font un peu oublier les chaussettes.)

Dean lui met une telle raclée nocturne, à cet imbécile qui se pointe avec la batte, que je me suis bidonnée comme une hyène.

Dean : That was so easy I’m embarrassed for you.

S’ensuit encore une scène où Sam ne manque pas de s’étaler sur sa déception de voir son aîné voler leur mère.

Sam : I can’t believe we’re even related. (Ta gueule, abruti.)

Finalement, Luke Skywalker finit par suivre le capitaine Solo (comme toujours), et j’avoue que le voir trembler dans ses braies à mesure qu’ils arrivent dans l’antre du monstre, ça m’a encore causé un fou rire mémorable.

On y retrouve bien sûr la jeune fille qui hante Dean, en train de servir de buffet à volonté au djinn…

Et c’est là, enfin, que Dean percute que c’est probablement ce qu’il est en train de lui arriver. D’autant que commodément, Sam se met à devenir nerveux, tentant de le convaincre que vite, vite, il faut se casser d’ici.

Dean en a profité pour déballer l’argenterie maternelle et est prêt à s’embrocher comme un poulet pour voir s’il va se réveiller. Et là évidemment, maman débarque.

Sam : Why?EUR(TM)d you have to keep digging ? Why couldn?EUR(TM)t you have left well enough alone ? You were happy.
Mary : Put the knife down, honey.

Dean : You?EUR(TM)re not real. None of it is.
Mary : It doesn?EUR(TM)t matter. It?EUR(TM)s still better than anything you had.
Dean : What ?
Mary : It?EUR(TM)s everything you want. We?EUR(TM)re a family again. Let?EUR(TM)s go home.
Dean : I?EUR(TM)ll die. The Djinn will drain the life out of me in a couple of days.
Mary : But in here, with us, it?EUR(TM)ll feel like years, like a lifetime. I promise. No more pain, no more fear. Just love and comfort and safety. Dean, stay with us. Get some rest.

Super émouvant. Et tellement tentant. Pauvre Dean. Ce serait tellement plus facile. Mais non. Et lorsqu’il se plante le couteau dans le corps, c’est le cri de Sam, qui résonne. Le vrai.

Que c’est bon de voir le grand truc se servir de ses immenses abattis pour neutraliser ce salaud de djinn… avant que Dean ne lui porte le coup fatal. Ca manquait.
Il parvient donc à sauver la jeune fille de sa vision. Mission accomplie, chef. Mais bon…

Dean : I wanted to stay so bad. I mean, ever since Dad?EUR? all I can think about is how much this job has cost us. We?EUR(TM)ve lost so much. We?EUR(TM)ve sacrificed so much.
Sam : But people are alive because of you. It?EUR(TM)s worth it, Dean. It is. It?EUR(TM)s not fair, and it hurts like hell, but it?EUR(TM)s worth it. (Zzzzzz. Comme d’hab dès qu’il aligne plus de trois mots.)

T’inquiète pas, Dean chéri. Cette petite déprime de rien du tout sera très vite oubliée à la fin du prochain épisode.
Je le regarde ou je le regarde pas ? Mmmmmh…

Posted by on Août 14, 2008 in Supernatural | 7 comments

7 Comments

  1. Ah la la, cet épisode… La vie "normale" de Dean n’est pas plus jolie dans ce monde créé par le Djinn que dans la vie réelle. Et ça fait mal au coeur de voir Sam si distant, et regarder de haut ce grand frère qui est si heureux de voir tout le monde réuni ( sauf Jessica, mais heureusement, elle dégage ! ).

  2. Dean qui se jette dans les bras de Jess, c’était quand même énorme ! 😀

  3. Le petit Dean à sa Môman. ZE tronche… et tout le reste… Jensen s’était surpassé pour cette fin de saison !

  4. J’en avais des frissons rien que de le regarder faire… il est incroyable.

  5. Ah oui, quand il se jette littéralement sur Jess, soulagé de la voir en vie, leur tronche à elle et Sam, collector !

  6. Qu’est-ce que c’est émouvant de le voir aussi bouleversé, et tout le reste de sa famille qui le croit bourré, quelle pitié ! C’est trop triste de voir à quel point Sam-bis est indifférent, froid envers lui. Je me demande si Dean aurait vraiment pu arranger les choses en restant là, finalement, j’ai l’impression que c’était perdu d’avance.

  7. Turn left ? 😉

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