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107 : Wrongful death

Je me pose un paquet de questions au sujet de Sam Tyler, ces derniers jours. Jusqu’à présent, il ne m’avait que peu effleuré qu’il puisse être question d’autre chose que d’un coma. Et puis avec les deux derniers épisodes de la saison 1, je me dis que si ça se trouve, il est bel et bien devenu fou, pas d’une folie incurable ou de celle qui vous envoie définitivement à l’asile, mais voilà… peut-être que tout gentil et équilibré qu’il soit, il traverse une phase totalement démente mais indispensable… et que pour en sortir, il n’a d’autre solution que trouver des réponses à toutes les questions qu’il se pose inconsciemment. Ca a l’air con et je ne l’exprime peut-être pas correctement, mais il me semble que chacun d’entre nous passe à un moment donné par là, et l’aventure de Sam en 1973 pourrait très bien n’être qu’une énorme métaphore de cette phase de transition qu’on traverse parfois et durant laquelle on se pose mille questions existentielles, notamment qui suis-je, qu’est-ce que je fous là, qu’est-ce que je veux vraiment, et plein d’autres que je ne nommerai pas car en tant que trentenaire légèrement azimutée, ce sont aussi un peu les miennes.
J’ai un peu l’impression que c’est à ce genre de question que Sam essaye de répondre. Et qu’elles deviennent de plus en plus cruciales et profondes à chaque épisode. Que chaque enquête dévoile un pan de sa personnalité dont il n’est peut-être pas conscient, que ses choix pointent tous vers une chose : la personne qu’il est vraiment.
Je me dis qu’en fait, le coma pourrait très bien être une métaphore à l’intérieur de la métaphore.
Au fond, d’ailleurs, ça ne change pas grand-chose. J’ai simplement l’impression que si Sam ne parvient pas à rentrer chez lui pour l’instant, c’est qu’il ne le veut pas. Ou qu’il n’a pas encore les vraies réponses qui lui sont nécessaires. Un peu comme Alice qui un coup n’a pas la bonne clé et un coup n’a pas la bonne taille. Une fois que Sam aura les deux, il pourra rentrer chez lui. Qu’il rentre chez lui en sortant du coma ou d’une crise de folie passagère, finalement, c’est pareil.

Bref. Ca fait un peu couillon, mais j’adore quand une série m’oblige à me poser ce genre de questions complètement tordues. Même si je me fous de la réponse.

Enfin, cet épisode : waouh. Extrêmement bien foutu, signé Chris Chibnall à qui je garde pourtant un chien de ma chienne.

Bourré de petits clins d’oeil… comme cette course-poursuite très mignonne avec un exhibitionniste devant lequel Sam détourne pudiquement les yeux… et qui finit naturellement par se faire broyer les glaouis par Hunt !

Billy Kemble : Oh, bollocks.
Gene Hunt : My thoughts exactly.

Petite parenthèse pour caser la réplique de Phyllis qui m’a fait recracher mon café (et la tronche de Sam qui va avec).

Gene : Are we keeping you up ?
Phyllis : You will be. Every cell’s full and Harry Smith’s phoned in sick. Muggins here’s covering and I’m knackered.
Gene : Serves you right for staying up ruttin all night with that new fella of yours. Do you let his guide dog watch ?
Phyllis : His guide dog’s giving your Mam one?EUR? from behind.

Gene : Whatever happened to all the classy birds ?

Monstrueux !
Je trouve fabuleux que ce soit mamie Phyllis, avec son chignon et son air de pas y toucher qui arrive à moucher le Gene Genie de cette manière.

Bref, pour en revenir à notre prisonnier exhibo, à savoir Billy Kemble, petit dealer de drogue… eh bien c’est lui qui va apporter la merde au commissariat. Ce qui est étrange, c’est que tout semble s’enchaîner de manière tellement facile qu’on se dit que c’est presque trop facile. Je m’explique.
Que Hunt veuille faire cracher ses tripes au petit dealer pour qu’il avoue le nom de son fournisseur : logique.
Que Sam se mette en travers en brandissant son auréole de flic modèle : logique.
Que Hunt et Carling décident de mettre le résistant aux fers avec une sorte de yéti malpoli (et probablement sodomite) qui ferait mieux de réviser son manuel de grammaire : logique.
Que Hunt s’en aille manger un curry tranquillou avec Sam en attendant que le dealer décide de passer aux aveux… euh. Allô ? C’est un peu bizarre, non ? Moi, en tout cas, je trouve ça très bizarre, et je me dis que l’esprit de Sam est quand même très tordu.

En passant, vous êtes sûrs que la faille de Cardiff ne fait pas un léger détour par Manchester ?

Britney : With a taste of your lips I’m on a ride You’re toxic, I’m slipping under…

Oué, oué, oué… Bref, tout ça m’a l’air très commode. Notamment Hunt qui s’obstine à ne pas comprendre que Sam est complètement à l’ouest. Même quand celui-ci nous tape un cirque monumental au resto indien.

Alors évidemment, quand on retourne au commissariat pour y retrouver un Billy Kemble tout raide et une poignée de flics muets comme des carpes, ça commence à faire beaucoup.

J’ai adoré Hunt dans cet épisode. Pour moi, il éclipse presque Sam. Sans lui, ce 1973 n’aurait que peu d’intérêt, outre le côté cosmétique. La facilité aurait été de faire de Hunt un simple mufle au crâne épais et débitant suffisamment de vulgarités à la seconde pour faire rigoler le pékin derrière sa télé. Il n’en est rien. Le goujat est d’une intelligence remarquable. Il sait qu’il ne peut pas se permettre de foutre son équipe en l’air pour une bavure, que cela compromettrait l’efficacité sur le terrain et affaiblirait tout le commissariat. Et il ne le veut pas parce qu’il les aime bien, ses petits poussins, aussi cradingues et à moitié demeurés soient-ils. (Oui, parce que bon, Chris, clairement, son QI est loin de crever le plafond.)

Alors Gene Hunt, il profite d’avoir dans son équipe un petit rebelle hargneux qui aime bien que les choses soient claires, quitte à se prendre un ou deux gnons au passage, et il s’en sert. A peine besoin de faire preuve d’une résistance aussi molle que feinte pour que le loustic décide d’en faire son affaire personnelle, de cette mort suspecte. Et mon Hunt est tout à fait tranquille. Même pas besoin de salir ses mains de chef ni d’accuser qui que ce soit. C’est génial. Et on ne peut même pas dire qu’il ait tort. Au contraire, il a mille fois raison. Impossible de lui en vouloir pour cela tellement il semble tenir à l’esprit de camaraderie dans son commissariat. Au fond, il est là, son talon d’Achille, à Gene Hunt. D’ailleurs, j’en viens à me demander s’il est vraiment marié. S’il a vraiment une vie, derrière.

En tout cas, quand il chope Sam par le bras et qu’il lui balance un solide : « We’ll will stick together on this. » Wow. Très impressionnant. J’adore.

Bref, que Sam, ulcéré par le silence de ses collègues et par la légèreté avec laquelle Hunt semble prendre cette affaire, commence à se mettre tout le monde à dos, on ne s’étonne guère. Ca fait juste un peu de la peine de le voir se fritter avec Annie qui prend très mal d’être soupçonnée et interrogée même si Sam y met autant les formes qu’il le peut avec elle (il ne serait sûrement pas contre y mettre les formes d’une autre manière, à mon avis)

Et puis avec Chris, aussi, qui n’est pas bien futé mais que j’adore parce qu’il est marrant et qu’il a tellement une dégaine… Seventies.

Sam ne s’en rend sans doute pas compte, mais je pense que Chris est un allié très proche. Il a été l’un des premiers à l’accepter quand il est arrivé. C’est vraiment un brave gars, inoffensif et pas vicelard pour un sou.

Bref, l’enquête de Sam prend un nouveau tournant lorsqu’il découvre à l’occasion d’une autopsie un peu gerbatoire que Billy Kemble était farci de cocaïne et que c’est ça qui a provoqué sa mort. Ajoutez à cela la soeur du défunt qui fait (bien à tort) une confiance aveugle et touchante à la police et le déclic de Sam qui réalise que si ça se trouve, c’est un test, et c’est vraiment parti mon kiki.

Car de l’autre côté, à l’hosto, on tente de stimuler Sam-le-comateux, notamment en lui collant du tabasco dans le bec. Alors si ça se trouve, il suffit qu’il résolve cette énigme pour pouvoir enfin se réveiller et rentrer chez lui.

Sam : That’s what I have to do : destroy his world so I can get back to mine !

D’autant que c’est vrai, ça, comme le dit Hunt : « If everything’s so wonderful in Hyde, why are ou wandering through my department like the smell of last night’s haddock ? »

Bref, je pense que ça va être un peu un thème récurrent dans la série à partir de maintenant, sachant que Sam commence quand même à un peu s’attacher à 1973 : est-il capable de tout foutre en l’air ici pour rentrer chez lui. Réponse : oui. Malgré les supplications d’Annie dont il pourrait très facilement ruiner la carrière.

Pourtant, je suis bien certaine que ça doit lui coûter, si j’en juge par le petit moment charmant où fouillant dans le vestiaire d’Annie pour y trouver la preuve irréfutable de la bavure de ses collègues, il enfouit son nez dans la veste de la demoiselle… Ptit coquin.

Et puis il y a Ray Carling, le vrai coupable de tout le truc, même si les autres se sont montrés un poil complaisants. C’est lui qui a foutu le nez du dealer dans la cocaïne alors que celui-ci avait le coeur fragile. Et de toute façon, avec Sam, il fallait que ça pète et qu’un des deux gagne. La peignée qu’ils se mettent dans les vestiaires est spectaculaire. Rien à voir avec les gentilles claques de Hunt. Sam m’a sciée. Il lui met une de ces branlées, au moustachu !

Bref, Hunt finit par trancher.

Gene Hunt : I don’t know who the biggest dickhead is round here. You, for what happened… You, for your holier than thou act… or me, for having any of you on my team.

Hop, le coupable est dégradé. Non sans objecter faiblement que c’était pour vous faire plaisir, chef, euh. Oui mais non. Et le chef, il a beau faire les gros yeux, il se sent drôlement miteux.

Et il y a la cassette. Brave petit Chris qui maintenant enregistre méticuleusement chaque interrogatoire, comme Sam le lui a montré. Cette cassette, cette preuve, Sam n’hésite pas une seconde à l’apporter au supérieur de Hunt… qui la détruit immédiatement en arguant que n’importe qui peut produire un faux. Pauvre Sam…

Vite, vite, une petite conversation avec le philosophe du commissariat, grand maître du discours à double sens, qui l’attend à la sortie du bureau du grand chaif.

Hunt : We can’t change this world, Sam. Only learn to survive in it.
Sam : I won’t give up that easily.
Hunt : Good.

(Frakking incroyable. Hunt sait, c’est pas possible autrement.)

Et puis se réconcilier avec Annie dans la foulée, parce que sinon, ça le fait pas…

Pfiouuuu. J’adore. Et le pire, c’est que c’est encore plus zénorme dans l’épisode suivant. C’est fatigant.

Posted by on Avr 22, 2008 in Life on Mars | 6 comments

6 Comments

  1. Quel bijou cette série !
    Y’a vraiment rien à redire…. Aller la magnifique saison 1 : finie, je croise les doigts pour que la deuxième saison soit aussi géniale.

    Puis après je passerais au spin-off (je croise encore les doigts, les spin-off en général…)

  2. Je suis encore un peu mitigé sur Ashes to Ashes… Je préfère attendre d’avoir vu la saison entière avant de donner un avis plus définitif. L’épisode que j’ai vu hier était très très bon en tout cas…

  3. Concernant Chris Chibnall : il ne sevira plus sur Torchwood apparement, le tryptique final était ses 3 derniers épisodes, par contre il va bosser sur une autre série policière qui est en projet…

    Ouf d’ailleurs… sinon ca aurait pu être plus sanglant !

  4. Moi qui ai vu la saison 2 de LoM, je peux vous rassurer c’est de mieux en mieux 😀

  5. Saison 2 terminée !
    Ben je ne suis pas déçue, c’est vraiment une bonne série du début à la fin, rien à redire !

    Je viens de finir le premier épisode de Ashes To Ashes, mais je dois dire que Sam me manque beaucoup, du coup j’ai du mal à accrocher… mais bon je vais tenir rien que pour "Gene Genie" au moins !

  6. J’ai A-DO-Ré cette série. Je me suis précipitée chez le marchand de DVD après quelques épisodes pour me faire la totale.
    Et j’ai été ravie de retrouver John Simm en méchant dans Doctor Who.

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