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413 : After school special

Eh ben… je suis totalement bluffée ! Pour un Sammy-centric, c’était magistral. J’attendais cet épisode avec beaucoup d’impatience parce qu’au bout de quatre saisons, on sait bien qu’un épisode flashback, c’est forcément bourré de révélations pas super jouasses mais néanmoins indispensables sur nos chers bébés. C’est le cas, une fois de plus. Et ça, surtout grâce à un petit maillon de la chaîne, le jeune Colin Ford qui est EPOUSTOUFLANT dans le rôle du petit Sammy. C’est sa deuxième apparition dans la série et il est parvenu à s’approprier avec une assurance et une vérité bouleversantes le rôle construit en quatre ans par Jared Padalecki. Ce gosse est juste surnaturel. Franchement, je n’en reviens pas de ce qu’il a réussi à faire dans cet épisode. La jeunesse de Sam, ses espoirs, ses fardeaux prennent corps de manière magnifique. Et par moments, il ressemble tellement à la version adulte que c’en est renversant.
Avec ça, un scénar au poil. Non, vraiment, c’est très fort.

Et puis un petit retour dans le passé, c’est toujours sympa. L’occasion de donner quelques coups de pied supplémentaires à la carcasse de John Winchester. Allez, lâchons-nous. Parce qu’abandonner ses deux adolescents de fils dans un nouveau lycée, le troisième en deux mois, pour aller tranquillement poutrer du zombie, c’est super ça. Non, franchement, père de l’année, le Johnny. Vous m’en remettrez deux comme ça.

Tssss.

Bon, mais un épisode flasback ne serait pas un bon épisode flashback sans un prétexte en béton. Là, il est à la fois simple et imparable : les Weuh viennent enquêter dans l’un de leurs anciens lycées. Il s’y passe des trucs super-yummy. Genre la petite grosse qu’on traite de truie qui se fait la Marie-couche-toi-là dans les chiottes des filles. Allez hop, noyez-moi tout ça dans la cuvette des ouatères.

Ah, et je m’en voudrais vraiment de ne pas évoquer la main dans le mixer qui m’a trop rappelé Calvin et Hobbes. Nan mais c’était pas à prendre au pied de la lettre !!!

J’ai adoré, parce qu’aussitôt qu’on voit le mixer et le petit con qui brutalise le geek, on comprend. On sait que ça va se finir en version « va jouer dans le mixer » et c’est exactement ce qui se passe.
Belle allégorie des trop sympas années de lycée où il vaut mieux être super beau, populaire et épargné par l’acné que porter des lunettes et des pantalons en velours.

Bref, donc. Le jeune Sammy, lui, ne porte pas de lunettes, mais il est plutôt nabot pour son âge et il a bien du mal à grandir à l’ombre de son grand frère qui prend toute la place. Leur arrivée dans ce nouveau lycée, Dean le pas conquérant et Sam traînant des baskets, le nez dans le col de sa veste, j’ai trouvé ça… trop eux, quoi.

Prof : Dean, is there anything you’d like to say to your new class ?
Dean : Not really, sweetheart.

Mr Wyatt : Is there anything you’d like to tell us about yourself ?
Sammy : Not really.

Et pendant que Dean prend connaissance de ce qui se fait en matière de blondes et de brunes…

Sammy, lui, sympathise avec le nerd, le martyr de la classe.

Et je vais vous dire… lorsque Sammy, tout petit qu’il est, intime à la brute de foutre la paix au schtroumph à lunettes, le regard de Colin est super flippant. Et c’est à ça que Jared a pu ressembler quelque fois. Je ne vous dis pas quelles fois, je suis sûre que vous savez de quoi je parle.

A la recherche de quelque fantôme, les grands Winchester apprennent que le copain martyr de Sam, à l’époque, est mort depuis. Dépressif, il n’a pas vécu très vieux.
Et force est de constater que quelques années plus tôt, pendant que Dean…

… ça, donc… Sammy, lui, est très occupé à se prendre des baffes qui ne lui sont pas destinées.

Pour défendre Barry, donc, dont il faut désormais brûler les os.

Et tout cela semble tellement vivace dans la mémoire de Sam, on voit tellement dans ses yeux qu’il est en train de revivre chaque scène. C’est magique.

Et là, tout bascule. Sammy se fait secouer et on découvre avec un grand sourire qu’il aurait pu étaler Dirk, le bourreau, tranquillement, les mains dans les poches.
Evidemment, Dean est révolté que son frangin se prenne des mandales et irait bien écorcher vif le coupable, mais Sammy ne veut pas. Il veut être normal.
Enfin, Dean, de toute façon, à d’autres soucis même si son côté protecteur est trop craquant.

Dean : Dude, she want me to meet her parents. I don’t do parents !

Et puis il y a la scène que j’ai adoré. Ma préférée de l’épisode. Sammy convoqué par son prof, interpellé par la rédaction qu’il lui a rendu. Il fallait y raconter ses dernières vacances.

Mr. Wyatt : You know this assignment was non-fiction, right ?
Sammy : Yes, Mr. Wyatt.
Mr. Wyatt : So you and your family killed a werewolf last summer, huh ?

C’est là que ça devient crucial. Le prof s’intéresse à Sammy, lui promet de grandes études. Mais Sammy sait qu’il ne pourra pas couper à la tradition familiale, tout minot qu’il est. Il sait qu’il est destiné à devenir un chasseur, et ça, ça lui pèse. Pour une fois, il a l’occasion de s’en ouvrir à un tiers.

Mr. Wyatt : Do you want to go on the family business, Sam ?

Eh bien non, pas vraiment. Et c’est là que Sammy décide de suivre sa voie à lui, de quitter aussitôt que possible son frère et son père. Ce qu’ils lui reprocheront copieusement. A cet instant où Wyatt lui fait comprendre qu’il a le droit de vivre la vie qu’il veut vivre, l’espoir et les rêves qu’on lit dans les yeux du gamin, c’est juste sublime.

Sans le savoir, le prof vient de lui donner le droit d’être quelqu’un de normal. Pendant un temps du moins.
Pauvre Sam. Jamais on n’avait eu l’occasion de voir de si près son désir de changer de vie. Tout comme sa mère.

Mais là où cet épisode m’a complètement prise de cours, c’est par la leçon que Sam se prend dans les dents. Là, j’ai vraiment souhaité qu’il ne soit jamais revenu ici. Ou comment chacune de nos actions, même celles qui nous paraissent les plus justes, peuvent prendre une résonance dramatique.
Car Sammy, au fond, malgré ses petits problèmes de croissance, c’est une petite terreur, et il est dressé pour tuer.
Alors quand il voit son copain Barry se faire une fois de plus brutaliser par l’autre grand couillon, il voit rouge, little Sammy.

Et il met une grosse branlée au Père Dodu.
Grosse branlée publique accompagnée d’un mot malheureux.

Sammy : You’re not tough. You’re just a jerk. Dirk the jerk.

Voilà Dirk rebaptisé. Si Sammy savait à cet instant-là qu’il vient de condamner le caïd à mort, il aurait certainement été moins content de lui.

En effet, ce n’est pas le fantôme de Barry qui est revenu hanter le lycée, mais celui de Dirk. En interrogeant son père, les Weuh apprennent qu’après leur départ, Dirk est devenu le souffre-douleur de l’école et qu’il l’a très mal vécu, sombrant dans l’alcool et la drogue. Surtout que Dirk, à la base, c’était pas un mauvais bougre. Bien au contraire. Le pauvre gamin était surtout en détresse car il venait de perdre sa mère, vilainement emportée par un cancer. J’ai cru chialer en voyant le visage de Sam se décomposer à mesure que le vieux parle.

Et puis le coup d’oeil coupable à la photo du pauvre Dirk.

Il y a aussi du Dean-show, dans cet épisode, bien sûr, et si je zappe le coup du short et des chaussettes, je ne peux pas laisser passer cette superbe allusion télévisuelle made in années 90. Alors que les Weuh cherchent dans le bus de l’école la boucle de cheveux de Dirk pour chasser définitivement le fantôme en colère…

Dean : All right, everybody stay where you are. You’ll be okay.
Jock : Aren’t you the P.E. teacher ?
Dean : Not really. I’m like 21 Jump Street. The bus driver sells pot. Yeah !

Oh, Dean !

Bref, au terme de ce qui manque de peu d’être un pur carnage, Dean finit par cramer ladite mèche. Et mon fantôme est définitivement occis.

Et une fois de plus, la fin vous essore les tripes pour vous laisser tout mou à l’intérieur.
Dean est entré dans ce lycée en grand vainqueur. Il en ressort la queue entre les pattes. Calculé par une blonde pas si blonde à qui il essaye de sortir son baratin qu’on devine habituel. L’ayant trouvé en train d’embrasser une autre donzelle, elle l’oblige à tomber le masque. Les mots « sad » et « lonely » fusent.

La réaction de Dean est d’un pathétique sans nom.

Dean : I save lives, I’m a hero ! A hero !

Mais celui qui repart en héros, c’est Sammy. Pauvre choupinet, tout fier de se faire serrer la main par toute l’école.

Qui ne se doute pas de ce qu’il apprendra toutes ces années plus tard. Et qui salue de la main son copain Barry à qui il a sauvé la mise.

Dans le présent, Sam vient remercier son professeur, le seul à lui avoir montré un peu d’intérêt, celui qui lui a permis de se libérer, un temps, de la malédiction familiale.

Mais on sait bien comment ça va se finir. Ca va se finir que Mr. Wyatt va demander à Sam ce qu’il fait aujourd’hui, et il devra bien répondre qu’il a fini par rejoindre le business familial.
C’est là que SPN est génial. Mieux que cela, Mr. Wyatt lui pose LA question qu’il ne faut pas poser, LA question dont on connaît la réponse et à laquelle Sam ne répondra même pas.

Mr. Wyatt : You’re happy Sam ?

Et là, rideau.

Ben voilà, je m’incline. C’était excellent. Mes attentes sont de très loin dépassées, c’était un épisode à la fois simple et super complexe. C’est exactement ce qu’il fallait pour qu’il reste longtemps dans ma tête, et ce sera le cas.
Je n’ai pas trop parlé de Dean parce que c’est un épisode spécial Sammy, mais le jeune Brock Kelly n’est vraiment pas mal du tout. Et j’ai adoré la violence protectrice du grand frère, ado et adulte. Il y a plein de petits parallèles trop craquants, et ce qui se dégage surtout, c’est la tendresse et la solidarité qu’il y a entre ces deux frères livrés à eux-mêmes.
Comme cela a dû être difficile pour Dean quand Sam est parti. Rien que d’y penser, ça me tord la boyasse.

Posted by on Jan 30, 2009 in Supernatural | 5 comments

5 Comments

  1. Pas grand chose à dire de plus que toi… Le petit Sammy est vraiment saisissant, plus que Dean. J’aimerais bien voir le making off de cet épisode, voir si comment les doubles interagissent.
    D’un point de vue général, j’ai vraiment l’impression que cette saison est centrée sur Sammy, alors que la précédente l’était plus sur Dean et son acte insensé pour sauver son frère. Quand on sait comment la S3 finit, ça me fait un peu froid dans le dos… D’ailleurs au final sur Dean, à part la force du lien avec Sam, on ne sait pas vraiment ce qu’il y a derrière sa gouaille, mais on imagine guère que de la solitude et de l’angoisse.
    Bref, un épisode vraiment dans l’esprit de tout ce que j’aime de cette série, mais on reste avec un sale goût dans la bouche….

  2. Je vais insister sur les deux répliques du jour que j’ai postées aujourd’hui parce que je pense qu’elles sont super importantes et qu’elles définissent parfaitement les deux personnages et ce qu’ils veulent être. Dean veut être un héros. Il ne vit que pour ça, pour sauver des gens, il n’a rien d’autre, derrière, il y a le néant, et en le disant si fort face aux autres lycéens, il veut s’en convaincre lui-même. Sam ne veut pas être un monstre. Et l’affirmer de telle manière, c’est un peu aussi de l’auto-conviction. J’ai trouvé ça très très fort. Ce sont sans conteste les deux répliques les plus importantes de l’épisode. Je les ai trouvées bouleversantes.

  3. C’est vrai que celle de Dean m’a brisé le coeur… Je me dis presque qu’il vaudrait mieux pour lui que l’hypothèse angélique dont on parlait avant la pause soit vraie, pour qu’il ne ressente plus rien et qu’il soit en paix. C’est horrible mais c’est aussi atroce de le voir comme ça. Ou peut être que seule la mort est la solution pour lui. La façon dont il es parlait dans le 4.12 donnait l’impression qu’au fond il n’attend que ça. Bizarrement il me fait penser au Doctor, à trainer sa carcasse désespérée et sauver des gens, en essayant de garder la face.
    La réplique de Sam m’a moins marquée, même si elle résonne douloureusement avec la fin de l’épisode de la semaine dernière…
    Les pauvres loulous, ils sont vraiment mal barrés…

  4. Que dire de plus… Tu as bien fait ressortir toute la tristesse qui habite cet épisode. Episode évidemment parsemé de plein de "petites" choses qui enfoncent un peu plus les Winchester…

  5. Comme je disais pour l’épisode précédent, ça manque un peu d’anges et de démons à ce point de l’histoire, mais je l’ai trouvé chouette, très émouvant, et puis j’adore le petit Sammy. Pas très convaincue par l’échalas qui joue Dean jeune, par contre.
    L’échange de réplique entre Dean et sa copine à la fin est en effet à briser le c? »ur tellement elle l’a bien cerné, le pauvre bouchon?EUR?

    Aaaaaah, les douces années lycée?EUR?

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