Bon, je sens que vous ne me lâcherez pas l'hermine tant que je n'aurai pas posté cette review, alors zou, je la poste. De toute façon, je n'ai pas énormément de choses à dire de cet épisode, je crois que j'ai dit tout ce que j'avais à dire sur cette saison. Je l'ai adorée, vraiment, je pourrais me jeter à genoux tellement j'ai pris un pied d'enfer à regarder True Blood cet été, à attendre avec une impatience à la limite du supportable chaque nouvel épisode, à ressentir un manque presque physique dès le lundi soir. C'était vraiment ZE série de ces derniers mois. La plus démente, la plus enthousiasmante, la plus étonnante, la plus irréelle, jusque dans ses menus défauts.
Elle parvient à mêler avec une fraîcheur étonnante des tas de mythologies très différentes, modernes, antiques, païennes... Un vrai jambalaya, coloré, épicé, parfois bourratif jusqu'à l'écoeurement, mais qui vous laisse repu là où parfois, certaines séries vous donnent l'impression de sortir de table avec encore un creux.
True Blood, jamais.
Donc je finis cette saison là-dessus, avec un épisode qui couronne bien tout ça, qui nous offre son lot de folie, de souffrance, de sacrifice, d'humour. Il y avait du prévisible, là-dedans, et de la redite, mais je trouve que chaque petit défaut est parfaitement contrebalancé par la flamboyance de la mise en scène.
Qu'on les aime ou pas, qu'ils soient héros ou zéros, tous les personnages sont sublimés par la Ball Touch. (Non, ce n'est pas un stylo.)
Il commence à y avoir de sérieux acteurs, là-dedans, et j'applaudis tout particulièrement Anna Paquin que j'ai trouvée éblouissante. Tout doucement, sa Sookie se fait plus tangible, plus vraie. Elle ne raconte pas son histoire comme dans les bouquins et pourtant elle s'est imposée à mes yeux, alors que je termine tout de même le sixième volume et que la Sookie de papier m'est désormais plus familière.
Je méprise un peu la deuxième alors que là, je quitte la première avec bien plus de respect que je ne l'ai retrouvée au début de la saison.
Elle a bien assuré, Sookie, à Dallas (enfin, la plupart du temps) mais surtout une fois de retour à Bon Temps, sur son territoire, dans sa maison, avec ses amis. Finie la petite serveuse effacée qui rase les murs, nom d'un chien, quel courage il faut pour se retrouver seule au milieu d'une telle gabegie. A toiser la grande prêtresse d'une divinité grecque qui est en train de lui saloper la robe de mariée de sa vieille grand-mère assassinée.
Oui mais voilà... ça, c'est typiquement le genre de truc qui va lui donner des ailes, à la petite. Non, on ne touche pas à SES affaires, à SA maison, à SES amis.

(L'esthétique est exceptionnelle... )




Maryann : Come on, Sookie, it'll be our little secret. What are you ?
Sookie : I'm a waitress. What the fuck are you ?
Pas intimidée du tout, la Sook'. Essayant même de se la jouer Jedi face à Madame.

(Nope, a marche pas. Essaye encore, biquounette.
)
Là-dedans, j'ai trouvé charmante l'alliance de Bill et de Sam qui sont bel et bien les seuls à pouvoir se bouger les fesses pour faire croire à Mâdâme que son dieu (qui n'existe pas, il faut bien le dire) vient la prendre tout entière, oh oui, oh oui.
Ils sont d'autant plus les seuls à pouvoir se les bouger, les fesses, que nos deux bidasses armés jusqu'aux gencives se font cueillir comme des pâquerettes à peine débarqués dans notre Woodstock version antique.

Et hop !


(Ca ne les empêche pas d'être hilarants. )
Donc Bill et Sam. Rah, cher petit Sam. Il est génial, pauvre bichou qui se fait embrocher comme un poulet pour piéger la future Mâdâme Dio qui se la raconte pas du tout avec sa noce, son traiteur, son orchestre et ses... euh... demoiselles... d'honneur ?



Sous les acclamations de l'assemblée, c'est reparti pour le cinoche.


Et j'ai trouvé le désespoir de Sookie d'autant plus déchirant qu'il est étouffé par les hourras de tout le reste de la ville.


(Elle m'a foutu des frissons, Anna, sans mentir. Très spectaculaire. Limite je lui aurais mis son Oscar autour du cou.)
La saison dernière, j'avais été assez prise au dépourvu par la fin précipitée du pauvre Rene, donc là, je m'attendais à ce que ce soit réglé rapidement, et encore une fois, c'est une bonne chose. On ne pouvait pas tirer sur la corde (déjà bien distendue) de l'orgie tellement plus, il fallait aller au bout. Je trouve ce procédé d'une élégance rare, je ne le cache pas. Il faut oser, tout de même, faire s'effondrer le soufflé à la moitié de l'épisode, par une scène d'une beauté à couper le souffle...


Mais qui comme toujours, dans True Blood...


Se mêle à l'horreur et au cauchemar...


Et quelle sortie pour Michelle Forbes.


Et là, comme tous les habitants de Bon Temps, on prend une grande inspiration. Et on se rend compte que ça fait de longues secondes qu'on est sans air.
On ventile à nouveau parfaitement aussitôt que Sookie ordonne impérieusement à un Bill exsangue et au bord du trépas d'aller chercher la serpillère et de frotter. 
(Ca, c'est pour le poignet de l'autre jour, gros goujat.)
En cours de route, j'ai eu l'occasion de me fendre la poire et de me désoler pour le pauvre Hoyt qui vit son propre enfer avec sa créature de mère.


J'avoue que j'admire la vieille Maxine d'abandonner les faux semblants et d'enfoncer le clou face à son grand bébé. De cambrioleur, point. Papa s'est bien suicidé quand Hoyt était gamin. Et si elle le lui a caché, c'est peut-être bien parce qu'elle redoutait que cette grande asperge pas trop dégourdie ne prenne le même chemin. Seulement voilà, bon sang ne saurait mentir, ma chère Mrs Fortenberry. Faut faire avec.


Pauvre bichou quand même.
J'adore comment dans cette série les petites histoires se mêlent aux grandes intrigues. Personne n'est épargné. Même ceux qui semblent l'être.
Pis les familles, dans c'te ville, merci bien.
A propos de famille, la quête de Sam est très intéressante.
Abandonné ado comme un bâtard qu'on laisse sur une aire d'autoroute, Toutou cherche à remonter à ses racines, ses vraies. Sans doute parce que rencontrer Daphne et sauver sa ville lui auront permis d'accepter ce difficile héritage qui lui vient forcément de quelque part.


Scène très lourde qui m'a beaucoup rappelée Six Feet Under, au passage, tellement elle déborde de culpabilité, de mort et de quête d'identité.




Je suis pressée de savoir ce qui attend Sam, un personnage tellement sous-développé, dans les bouquins et qui aurait tellement de choses à raconter.
Bien entendu, j'ai adoré le "back to normal". Si on peut appeler ça comme ça.
L'épisode s'attarde longuement sur l'après-Maryann et c'est vraiment très agréable. Dans beaucoup de séries, c'est la partie qui me frustre le plus souvent. Un "back to normal" expédié en deux minutes trente après quarante minutes à cavaler, c'est vraiment agaçant.
J'admire la confiance qu'il faut avoir en sa plume et en sa caméra pour dire : "Voilà, à mi-épisode, on entame la conclusion." C'est d'une sacrée couillitude. Et c'est là qu'on voit le talent et l'expérience. Savoir être bon dans le rien, ne pas craindre le vide, et faire péter les dialogues qui vont porter l'épisode jusqu'à la fin. Je m'incline, Alan. Bien bas.
Donc se retrouver chez Merlotte, avec tous ces braves péquenauds en train de noyer leur black-out dans la bibine, à se demander ce qui a bien pu leur arriver ("Gas leak my ass ! You know the real reason no-one remembers anything ? That's the way the aliens wanted it."), et à redevenir, très vite, à peu de choses près ceux qu'ils ont toujours été, c'est-à-dire des bouseux, c'était très très bon.

(Et moi, plus ça va et plus je suis raide dingue de Carrie Preston. Surtout depuis que je l'ai entendu parler d'une série où elle accouche de son mari. Si vous suivez un peu, vous saurez de laquelle je parle.)

(Au premier plan, Charlaine Harris, la madame qui écrit les livres.)





Avant d'aller dîner, on va faire un petit saut de puce jusqu'à la Nouvelle Orléans, quand même.
Nan parce que bon. Juste une scène avec SUPERnorthMAN, je trouve ça un peu raide. 
C'est sans doute le seul reproche que je ferais à cet épisode.
Ah ça oui, on nous chauffe à blanc pendant toute une saison, nous transformant Vlad l'Empaleur coiffé de feuilles d'alu en gentil vampirounet qui pleure d'adorables larmiches sur la mort de son cher créateur, et on nous laisse LA-DESSUS ??? SCANDALE !!! 

(Bon, ben j'imagine que c'est dans cette scène où Evan donne tout *hum* ce qu'elle a que... )

(Nom de Zeus !
)


Uh uh uh. Qu'est-ce qu'il est mignon, quand même, quand il ne joue pas les barbares hautains et sanguinaires. 
C'est assez sympa de voir le grand guerrier viking faire ses puppy eyes genre je suis un gentil vassal, madame, moi.
Sophie-Anne : You may be the strongest, oldest vampire in my queendom, but if I wanted, I could own your fangs as earrings.
Et aimer les humains ? Pouah pouah, c'est pas beau ! Y a vraiment que les dégénérés tels que Bill Compton pour craquer pour un de ces misérables insectes. (C'est c'la, oui.)

(Entre nous, vaut mieux dire amen. L'a pas l'air commode.)

(Hein, cousine Hadley ?)

A part ça, la Reine fait un Yatzee ("You suck at this !") et on est bien contents pour elle. Et entre la poire et le fromage, Eric nous promet d'éliminer le Billou. On a comme qui dirait l'impression que ça l'arrange bien que la dame royale ait envie de s'en débarrasser.
Il n'empêche que j'ai comme l'impression qu'il est solidement dans la merde, l'animal. D'une part parce qu'il vend du sang de vampire sur l'ordre de cette petite roulure, de l'autre parce que... MWAHAHAHAH ! Eric est amoureux-euh !
Eric : I do not love humans.
Non, du tout ! 
D'ailleurs, va falloir se remuer le derche, mon mignon, parce que le William Thomas, il est sur le point d'en faire une honnête femme, de sa blonde. (Oui, enfin, euh... c'est pas illégal, ça, en Louisiane ?)
Pour l'occasion, la Viande Froide a mis les petits plats dans les grands. Comme c'est élégant de sa part de payer une robe neuve à son garde-manger et de réserver un restau entier pour la regarder becter.

(Désolée, mais Bill Compton, je sature un peu.)
Cela dit, c'est super fin de demander en mariage la pauvre nénette le jour même, quoi. Après l'aventure qu'elle vient de se taper ? Il est gentil, lui !


Allez, j'admets que son désarroi quand Sookie lui claque entre les mains m'a vraiment émue. L'espace de quelques instants.
Sookie : Then why can't I say it ? My heart's flying around in my chest, I can't even think straight. My life's inside out. With all that's happened I'm not sure about anything. I don't even know if I'm human !
Bill : What ?
Sookie : Maybe I am some kind of freak. I've only met one other person in the world like me and who even knows where he is ? And what happens when I grow old ? And weak ? And you're still the same, what then ?
Bill : Sookie, I don't care about any of that. I want you just as you are.
Sookie : But I'm not even sure what I am !
Bill : Are you saying no ?

Sookie : No I'm saying... I don't know what I'm saying. I need a minute to clean myself up. I'm sorry.
Et bien évidemment qu'une fois seule.



Mais bon... en attendant la saison prochaine, on va souhaiter une bonne nuit à Bill qui se prépare a priori des jours bien sympathiques. 

Et non, n'accusez pas tout de suite Eric, bande de vous ! J'ignore qui est à l'origine de ceci, mais ce serait trop simple et trop facile que ce soit déjà Eric.
Bon, je vais couper les vannes ici.
En attendant, plein de questions sympatoches, prenez ça comme des devoirs de vacances.
Quand Tara va-t-elle découvrir que c'est Jason, l'homme qui tire plus vite que sa braguette, qui a descendu son cinglé d'amoureux ? (Ca va être trèèèès intéressant.)

Qu'est donc Sookie ? Hein ? (Bon, ça c'est une fausse question puisque je connais la réponse.)
Et Jessica et Hoyt ? Dites ? Ils vont pas nous faire ça, hein ? 

Et Eric ? Quand est-ce qu'on va le revoir dans la tenue qui lui va le mieux, sivouvoayécquejveudire ?
Ah bref. C'était bien bon. See you next year, Bon Temps, you will be missed.
(Heureusement que j'avais pas grand-chose à en dire.)