The end...
Par La Sorcière, jeudi 27 décembre 2007 | Rubrique: The West Wing | 16 commentaires
(Attention, billet de fin de série, donc spoilers sur le dénouement de la campagne électorale, sur qui finit dans le plumard de qui et autres petites choses... Z'inquiétez pas, je reviendrai sur les épisodes de la saison 6 et de la saison 7.)
Cher lecteur,
Je n'y connais pas grand-chose en agriculture mais je suis néanmoins consciente que je suis en train de mettre la charrue avant les boeufs.
Certes, je n'ai même pas encore fini de reviewer la saison 6, l'avant-dernière de cette série formidable qu'est The West Wing. Mais voilà, même si je sais que ce billet sera le tout dernier de cette rubrique, je ne peux m'empêcher de l'écrire ce soir, ni de le poster, car quand on termine une série de sept saisons pour laquelle on a eu le coup de foudre dès le premier regard (et non, ce n'est pas parce que la série s'ouvre sur Rob Lowe, même si ça aide), c'est à chaud qu'il faut en parler. C'est comme aux mariages, mieux vaut parler tout de suite ou se taire à jamais.
Bref, ami lecteur, à deux ou trois exceptions près, je sais qu'au mieux, tu te tapes de The West Wing et qu'au pire, tu es bien content que j'en aie fini parce qu'enfin je vais passer à autre chose. Mais moi j'ai besoin d'en parler, et entourée comme je le suis ce soir de personnes qui ne peuvent absolument pas comprendre à quel point finir une série de sept saisons est un challenge émotionnel, je profite de Bill et de son TextEdit pour jeter ici mes dernières impressions avant de continuer à égréner mes reviews.
Ce billet remontera une fois que j'aurais reviewé le tout dernier épisode, "Tomorrow". Il clôturera sans doute définitivement la rubrique The West Wing.
Cette série, donc, je l'ai découverte en avril 2006, je ne sais comment. Une promo sur CDiscount, sans doute. A ce moment-là, j'étais plutôt mal en point (une vague histoire de patte folle), et totalement embarquée dans l'aventure Enterprise qui me distrayait au plus haut point, blindée de médocs telle que je l'étais.
Comme on a tendance à s'ennuyer quand on passe 12 heures par jour sur son canapé à attendre que l'infirmière vienne vous faire ses charmantes petites piquouzes dans le bide et qu'une autre infirmière vienne vous soutirer une bonne pinte de sang, entre deux pilules qui font rire et une patte de toutes les couleurs, j'ai dû me lasser de mes rigolades intergalactiques et ai décidé de jeter un coup d'oeil du côté de Washington. Et ce que j'y ai vu m'a charmée. Plus que charmée, même.
Jamais je n'aurais cru qu'une série politique puisse être aussi belle, aussi émouvante, aussi riche, et pour être honnête, aussi digeste.
Lecteur, tu le sais, les coups de foudre sont rares, chez la Sorcière. Ils se comptent sur les doigts d'une main. Il y a eu The West Wing, et il n'y en a pas eu beaucoup d'autres. Certaines de mes séries préférées d'aujourd'hui ont mis du temps à gagner mes faveurs. Même mon vieux House a dû sortir ses tripes (littéralement) pour intégrer le peloton de tête. Même Lee Adama a connu des débuts difficiles.
Avec The West Wing, la reconnaissance mutuelle a été immédiate. J'ai compris que cette série parlait mon langage et que nous étions faites pour nous entendre. Je m'y suis immédiatement reconnue, j'en ai compris les codes, les modes de fonctionnement, et même dans les moments difficiles (la cinquième saison, hum hum), cela ne s'est jamais démenti.
Il y a dix minutes, j'ai donc regardé se dérouler le dernier générique de cette série sublime tout en sachant, comme souvent, qu'en rentrant au logis, je devrais regarder le tout premier épisode pour ne pas finir sur une note trop triste. C'est ma manière à moi de faire mon deuil.
Triste de quoi, d'abord ? Ben triste de rendre les clés de la maison. Triste de renoncer pour toujours à tous ces personnages formidables, et à toutes les histoires qui restaient à raconter. Car en voyant se réunir lors de la scène finale le nouveau président Matthew Santos et ses proches conseillers, Josh Lyman, Sam Seaborn (Jizeusse, celle-là m'a vraiment coupé la chique) et Bram Howard, j'ai eu la sensation qu'on aurait pu repartir pour huit saisons supplémentaires sans jamais en avoir fait le tour. Comme j'aurais aimé assister aux travaux du nouveau Secrétaire d'Etat Arnold Vinick, voir le jeune Will Bailey faire campagne en Oregon, jeter un oeil discret sur la nouvelle vie de C.J. Cregg enfin maquée à son Danny de toujours, regarder grandir Helen Santos en tant que première dame, assistée par une Donna Moss qui a enfin trouvé sa voie et gagné le coeur de l'homme qu'elle aime depuis toujours, car l'un ne pouvait aller sans l'autre.
Mais tout cela restera malheureusement dans le domaine de l'imaginaire. La boucle est bouclée. Nos personnages, pourtant avant tout serviteurs d'intrigues et de débats passionnants, ont chacun à leur manière accompli un voyage personnel spectaculaire. Du moins ceux qui en avaient la capacité. Et pour ceux-là, la récompense n'en est que plus grande. De cette fin de série, je retiendrai quatre sourires : celui de Donna, d'abord, qui découvre son bureau de Chief of Staff de la première dame et qui incrédule le prend d'abord pour celui d'Helen Santos, mais qui se ressaisit avec toute la classe dont elle a toujours été capable et qu'elle assume aujourd'hui, avant de sourire de fierté car je soupçonne ce bureau d'être nettement plus grand que celui de Josh.
Celui de Josh, ensuite, plus discret car Josh ne sera sans doute plus jamais le jeune chien fou des premières saisons, mais qui en dit tellement long, lorsqu'il regarde pour la première fois Matt Santos prendre la place du président dans le Bureau Ovale. J'espère très fort qu'il se dit que c'est lui qui a fait ce président, parce que c'est le cas. Il a façonné ce diamant brut et cela rend sa réussite d'autant plus émouvante.
Puis le sourire de C.J., le plus grand de tous, lorsqu'après avoir quitté l'enceinte de la Maison Blanche elle répond à un passant que non, elle n'y travaille pas. C'est sans doute la plus belle libération de cette fin de série. Comme C.J. a gagné mon respect en renonçant à travailler dans cette maison de fous, elle qui avait tellement besoin de vivre, enfin.
Et enfin celui de Jed, dans l'avion qui le ramène à la ferme familiale du New Hampshire, lorsqu'il répond à Abbey qui lui demande à quoi il pense : "Tomorrow." Magnifique Martin Sheen qui restera toujours à mes yeux le président idéal.
De tous, ces quatre personnages étaient ceux qui méritaient le plus de voir leur horizon s'élargir et s'éclairer, et cela m'émeut aux larmes de constater que c'est le cas.
Je n'osais espérer de cette série, plus axée sur l'intrigue politique que sur les personnages, qu'elle nous offre une vraie fin pour chacun. C'est le cas. Une fin magnifique qui laisse quand même quelques traces d'amertume. La mort de Leo, bien sûr (et celle de John Spencer, son interprète, qui laisse une sacrée marque sur la fin de la saison), et puis Toby qui y a laissé de sacrées plumes, mais Toby c'est un peu le mouton noir de la bande. Et je suis quand même heureuse qu'il ait pu se réconcilier avec C.J..
Bref, à mes yeux, cette saison 7 est probablement la meilleure, tout du moins celle qui prend le plus de risques. Elle nous présente une foultitude de très bons nouveaux personnages, artisans de l'ombre qui s'activent dans les campagnes, les Lou, Ronna, Bram, Otto, Sheila, Jane, Edie et j'en passe, auxquels sans s'en rendre compte on finit par s'attacher au point d'avoir le coeur serré lorsque Ronna aperçoit enfin le Bureau Ovale près duquel elle va travailler pendant (au moins) quatre ans.
Outre cela et les palpitations de la campagne, elle approfondit également d'autres personnages, ceux que l'on suit depuis un peu plus longtemps, et qui faisaient presque partie du décor. Le meilleur exemple en est Will Bailey qui pour moi est l'une des révélations de cette saison. Ce Will Bailey, genre de schtroumph à lunettes pas très bien dégrossi, dont personne ne voulait et qui n'était bon qu'à tenter péniblement de remplir la place laissée vacante par Sam Seaborn, puis de mener une campagne fantoche pour cet imbécile de Bob Russell.
Cette saison sept, c'est celle qui parvient à faire tout ce que les autres n'ont pas réussi à faire, peut-être justement parce que c'est la dernière. C'est celle où d'un seul coup tout explose, c'est celle qui lève toutes les inhibitions, celle qui autorise enfin tout ce petit monde à aller au bout de soi-même.
Alors qu'on arrive en 2008, avec en ligne de mire une élection présidentielle de l'autre côté de l'Atlantique, je sais que chaque fois que je devrai me pencher là-dessus, ce sera en pensant à Matt Santos, à Helen, à Josh, Donna, Arnie Vinick et tous les autres qui m'ont appris tellement de choses sur ce sujet que je pensais pourtant déjà bien connaître.
Bref, bye bye, TWW. Ce fut un long et beau voyage. Des hauts, des bas, des larmes, de grosses trouilles, de mauvais souvenirs, de très bons.
Je reviendrai, c'est sûr.
Nous avons encore des choses à nous dire, je le sais.
Et puis elle me manquera, l'Amérique de Jed Bartlet.




















)




















