Le blog de La Sorcière
 

702 : The mommy problem

Je vous préviens qu'au cas où vous ne l'auriez pas compris, jusqu'à l'élection en elle-même, c'est-à-dire l'épisode 13 ou 14 de la saison 7, ces reviews, ça va être "Josh Lyman : fulgurance de l'esprit et génie stratégique". Et ce jusqu'à l'écoeurement, mon seuil de tolérance à ma propre fanattitude étant très élevé. A vous donc de sauter quelques paragraphes si vous trouvez que j'en fais trop.

Pour les courageux, donc, recueillons-nous devant cette phrase IMMENSE signée Sa Magnificence : "People think campaigns are about two competing answers to the same question. They're not. They're in a fight over the question itself."

Bon, comme dans l'épisode précédent, ça se frite sévère entre la Maison Blanche et la campagne Santos. Forcément, là où le bât blesse, c'est que Josh qui a si longtemps fait partie de ce staff se sent profondément trahi par C.J. et Toby qui, a-t-il l'impression, travaillent contre lui alors que ceux-ci essayent de finir le mandat de Jed proprement, surtout si Vinick est élu. Quitte à marcher sur les platebandes du candidat démocrate, en qui, il est vrai, ils n'ont pas l'air de croire des masses. Peut-être parce qu'au fond, ils ne le veulent pas.
Bref, ca braille dans tous les coins, ça se raccroche au nez toutes les vingts secondes, et Josh Lyman prend dix ans dans les dents à chaque fois.

Pauv' bichounet, la tête qu'il se traîne...

Avec ça que Josh Lyman, il a un gros souci, et ce n'est pas une nouveauté. Il a beaucoup de mal à déléguer. Difficile de ne pas penser que si Donna était là, il n'aurait aucun problème pour le faire. C'est presque ce qu'a l'impression de penser Joey Lucas, d'ailleurs.

Josh : I delegate plenty.
Joey : Name one thing you've delegated.
Josh : I would never have chosen this paint color.
Joey : You have to hire some heavy weights... You don't have a political director, you don't have a chief speech writer. You don't even have a communications director... There must be 300 people on staff now, surely a few of them are capable of...
Josh : Look. These are kids. Not a single one of these non-shavers would challenge my assumptions, stand up to me in a meeting...

Josh, Josh, Josh... si seulement tu avais laissé une chance à Donna.

Heureusement, il va faire un choix tout à fait potable même si difficile en engageant Louise Thornton à la tête de la communication, un poison violent d'un mètre vingt et de 200 de QI. Et même si à la base, il n'est pas un grand fan (ce qui me vaut de la détester sur-le-champ), ensemble, ils vont faire un boulot du tonnerre.

Bon, sinon, le truc que j'ai adoré, dans cet épisode, c'est... arf... c'te honte... la photo du lit des Santos dans un hôtel à Cleveland. Lit comment dire... légèrement défoncé.
Et la légende de se propager comme une traînée de poudre : Matt Santos, quand il honore Madame, il y va !

Pauvre Helen !
Et pauvre Josh de devoir gérer ça et annoncer la chose de la manière la plus délicate possible à Santos. Dont la réponse m'a fait m'esclaffer pendant dix bonnes minutes.

Josh : AP has a photograph of something that happened in Cleveland in your hotel bed. Is there anything you'd like to tell me ?
Santos : His name is Bruce. He's a flight attendant.... At first it was longs walks....

Josh de se marrer comme un bossu.

Santos : Wait a minute ? Cleveland ???

Car oui, le candidat s'en souvient très bien, de ce lit à Cleveland. C'était l'une des rares fois où Helen et lui se retrouvaient pour une nuit. Ahum. J'en suis pétée de rire rien que d'y repenser. Même si au fond, ce n'est pas si drôle. Ce n'est que le premier épisode d'un feuilleton médiatique qui va peser très lourd sur la possible future première dame.

N'empêche, quand Lou, Bram et Josh se penchent sur ladite photo...

L'admiration se lit sur leurs visages.

Bram : Hurricane Santos.

Et sinon, ce côté Top Gun, pour un futur président potentiel, c'est quand même méga-sex.

J'aime beaucoup le contraste entre les deux candidats, d'ailleurs. Le jour et la nuit. Chacun essayant de tirer parti de ses différences tout en essayant de ne s'aliéner personne. Ca n'en rend décidément la campagne que plus passionnante.

 

701 : The ticket

Voilà un début de saison qui m'a laissée plus que perplexe. A vrai dire, il m'a presque foutue en rogne. C'est vrai, ça fait un peu chiqué. Voyez donc : trois ans plus tard, inauguration de la graaaaande bibliothèque de l'ancien président Bartlet.

Et là, d'un coup, déferlante de spoilers totalement incontrôlable : tous nos vieux personnages ou presque sont là. C.J. maquée avec Danny (et ce qui fout d'autant plus en pétard, c'est qu'à la fin de la série, la question va vraiment se poser), Will député (admettons), Toby rabiboché (explication à venir, et je dois avouer qu'avec le recul, c'est la partie que je préfère).

Bref. Le pire encore, c'est qu'on aperçoit franchement le nouveau président. Et que l'arrivée de Josh (Josh, quoi) pour prévenir qu'attention, le président est là, ne laisse aucun doute sur son identité, surtout quand on aperçoit la baraque à cheveux bien bruns au fond de la limousine. Sur l'écran géant de mon iMac, on le voit très bien.

Mais c'est complètement con !!!

Avec ça que du coup, après la frayeur que nous a faite Jed pendant la saison six, no problem, on est assuré qu'il tiendra bien jusqu'au bout de son mandat et même plus. Enfin, je ne comprends pas l'intérêt. Est-ce pour nous décharger de certaines questions pour qu'on se concentre sur certains aspects de l'intrigue ? Sais pas. Enfin ça m'a gavée. Heureusement, c'est juste l'espace de l'intro. Ensuite, vlan, générique, et nous voilà catapultés dans la vraie course à la présidence. Ouf.

(On remarquera quand même l'absence de Leo... )

Ce qui est amusant une fois passée cette intro scandaleuse, c'est qu'alors que le générique déboule au moment où on va voir la tête du président en train de sortir de la voiture, juste après le générique, le candidat Santos émerge de sa limousine pour saluer son fan-club.

Et Josh l'attend.

A ce moment-là, je dois reconnaître que la transition entre la campagne pour l'investiture du parti et LA campagne pour la présidentielle est remarquablement bien négociée. Pour la bonne raison qu'il n'y en a pas. Tout comme Santos et son équipe, on est balancés direct dans le bain, et on n'a pas le choix que de s'en dépatouiller comme on peut. Commence donc le grand marathon pour tous ces braves gens. Et en particulier pour Matt, Josh, et Arnie Vinick qu'on retrouvera complètement essorés en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Excellente surprise en ce qui me concerne : Annabeth qui joue les mères poules auprès de Leo, et ce avec encore plus de talent qu'elle ne l'a fait avec Toby. C'est un arc de la saison que j'ai adoré. Comment transformer Leo en bête de concours ? Bonne chance. Mais impossible n'est pas Annabeth.

Et puis Josh, quoi. Le début de Josh façon cocotte-minute. On va se traîner ça toute la saison, les enfants. Enfin, jusqu'à un certain moment, quoi.

Ah, ce Josh-là, j'avoue que je lui mettrais bien quelques claques tellement il se peut se montrer désagréable. Mais comment en vouloir à un type qui fait un tel boulot de folie pour faire élire le candidat qu'il pense être le bon ? C'est vrai, quelles responsabilités sur le dos de ce petit bonhomme qu'on a quand même connu très relax... Mettre en place toute une équipe, des centaines de personnes, et les bonnes, de préférence, pour mener une campagne béton, tout en essayant de préserver un minimum son poulain qui doit sortir le même discours 27 fois par jour. Car c'est lui qui doit garder une bonne mine relative pour bien passer à la télé. Voilà pourquoi et comment on retrouve Josh Lyman avec deux fois plus de rides sur le front et deux fois moins de cheveux sur la tête. Et voilà pourquoi ça ne va pas franchement s'arranger au fil de la campagne.

Et puis autre chose super intéressante dans cet épisode : la rencontre entre C.J./Toby et Leo/Josh. Avec chaque camp défendant comme il peut son président ou son candidat et tentant de faire ce qu'il y a de mieux pour lui. Cette réunion scelle définitivement la rupture entre les deux. Et ça fait assez mal au coeur, au final.

Ah, ces quatre personnages adorés qui se regardent en chiens de faïence et haussent le ton pour défendre leurs intérêts, c'est terrible. Rien de spectaculaire, dans cette confrontation, mais après six saisons à les avoir vus collaborer si étroitement, ça fait un pincement au coeur.
Même si c'était absolument nécessaire et que cette nouvelle tension est passionnante. Je me suis d'ailleurs presque sentie obligée de choisir un camp. Et puis je me suis rendu compte que ce camp-là je l'avais déjà choisi, et qu'ils sont quand même vachement doués, les mecs, pour nous faire ce coup-là sans qu'on le sente venir !

Et puis pour enfoncer encore le clou, il y a bien sûr cette scène atroooooce où Donna vient voir son ancien boss pour postuler pour un job. Oh mon Dieu. Quelle horreur. J'en étais malade.

Josh : Donna...
Donna : Let me get through this. It's one of the more awkward moments of a lifetime.
Josh : I can't do this.
Donna : I'm good is the point. I'm as surprised as you are and rumor has it, you could use a deputy.

Et là, cette espèce d'affreux sort un dossier de son tiroir et se met à lui faire la lecture de tout ce qu'elle a pu dire de négatif sur Santos quand elle faisait la campagne de Russell. Et je ne dis pas qu'il a tort de la renvoyer pour ça, parce qu'effectivement, ce serait un peu bizarre. Mais aaaaargh.

Donna : It was my job, Josh. You're not used to me being in a position of authority. I'm sure that's uncomfortable...
Josh : I've got an airplane hangar out there filled with 500 strangers looking to me for direction. I've got a candidate who doesn't trust any of them, and frankly, neither do I. And if you don't think I miss you every day...

Et bien sûr, c'est là, en entendant sa voix qui flanche, qu'elle craque et qu'elle s'en va avant de pleurer devant lui.

Et c'est là aussi qu'on se rend compte que finalement, ce petit teaser de merde au début de l'épisode ne nous a peut-être pas tout gâché. Parce que honnêtement, après cette scène, je me suis bien demandée si on reverrait Donna Moss dans la série. Et comme ce n'est pas le cas dans les épisodes suivants, ça m'a fichu une sacrée frayeur car je sais qu'ils auraient été capables (les scénaristes comme les personnages) d'en rester là. Ce n'aurait pas été la première fois.

Comme je le disais plus haut, j'ai donc choisi mon camp, celui de Matt Santos, donc je ne vais pas trop m'étendre sur ce qui se passe à la Maison Blanche durant cette ultime saison, excepté lorsque ce sera absolument nécessaire. J'ai apprécié le retour de Babish, le terrible avocat de la saison 3, toujours très classe...

Mais dès le début de cette affaire de navette secrète dont l'existence est révélée par des fuites à la presse, j'ai compris que l'enquête n'était qu'un prétexte pour faire tomber Toby et organiser son départ par la petite porte. Je n'ai pas été inquiète une seconde pour C.J., suspecte numéro 1, peut-être parce qu'au fil de la série, je me suis détachée de son personnage. Mais bon, no worry. Mon amitié pour elle reviendra avant la fin.

Bon, j'arrête là pour cet épisode, parce que de toute évidence, aujourd'hui, je suis intarissable, et boudiou, j'ai d'autres choses à faire, quand même !

Dismissed !

 

622 : 2162 votes

Pour ceux (enfin, les deux ou trois) qui ont suivi, donc, dans le monde de The West Wing comme dans le nôtre, pour endosser l'investiture du parti démocrate américain et devenir un vrai candidat à la présidentielle, il faut 2162 votes. Votes de quoi ? Ah ah, désolée, même moi, je n'ai jamais franchement compris. Est-ce qu'ils mettent les noms dans un chapeau, qu'ils tirent à la courte paille, qu'ils les sortent pour les mesurer, je l'ignore. Toujours est-il que ces maudits "caucus", chaque fois qu'on pose la question soi-disant à un expert, il vous regarde d'un oeil méfiant, tourne sept fois sa langue dans sa bouche et finit par vous dire que c'est très compliqué. Ah.
Au final, donc, un "caucus" est une assemblée d'électeurs (ceux qui veulent, on force personne !) qui élisent les gens qui vont élire des gens qui vont élire des gens qui vont élire... le candidat !

Et ce dans chaque état, donc.

Une fois cette chose faite, à la fin des primaires, tous les candidats qui restent sont réunis lors d'une super soirée où le candidat officiel est annoncé. C'est la convention nationale... démocrate, ici.

Et c'est très très impressionnant. Surtout pour les bouseux qui débarquent du Texas.

Ouhlala, elle est intimidée, Mrs Santos !

Bref, à cette convention, on retrouve les délégués élus tout au long des primaires et ils ont une mission, s'ils l'acceptent : désigner LE candidat du parti. Celui qui aura l'insigne honneur de se faire botter le cul en novembre par Arnie Vinick. L'ennui, c'est que ces braves gens ont du mal à se mettre d'accord, et c'est bien là notre problème. On a toujours quatre candidats, dans l'ordre Russell, Santos, Hoynes et Al Bundy, et aucun qui n'arrive à obtenir le chiffre magique. Donc les délégués de revoter, revoter, revoter... et toujours rien. C'est trop la tehon devant des millions de Ricains qui matent ça à la télé.

Bien évidemment, il suffirait que l'un de ces valeureux messieurs dise, grand seigneur : "Mes bons amis, cessons là ces pitreries. Voici mes votes, bonne chance."
Surtout Hoynes dont le report de voix aurait de quoi faire gagner Russell ou Santos. Mais non. Alors ça fait pression de toutes parts et sur tout le monde pour savoir lequel lâchera le premier.

Et je peux vous dire que ça stresse à mort. Encore plus, je crois, du côté des bras droits.

(Encore deux centimètres de cheveux en moins sur le front de Josh Lyman.)

(Et des ongles devenus inexistants sur les doigts de Will Bailey.)

Au final, alors que Leo conjure Matt Santos d'abandonner au nom de l'unité du parti, celui-ci demande à s'adresser lui-même aux délégués, auxquels il tient ce discours :

"I had hoped to be standing here tonight under very different circumstances and I have been asked, by people I respect, to take the opportunity to support one of the other fine candidates who have made this race with me. To help decide who our nominee will be, but I can't do that. I can't do that because it is not my place to decide who our nominee will be. That decision is yours and yours alone. You know, there's been a great deal made today of Governor Baker's decision not to disclose his wife's minor medical decision. Many people believe that he should have, but I don't believe Governor Baker failed to disclose it because he was ashamed or embarrassed. I think he didn't disclose it because we're the hypocrites, not the Bakers. Because we're all broken... every single one of us... and yet we pretend that we're not. We all live lives of imperfection and yet we cling to the fantasy that there's a perfect life and that our leaders should embody it, but if we expect our leaders to live on some higher moral plane than the rest of us, well, we're just asking to be deceived. Now, it's been suggested to me this week that I should try to try to buy your support with jobs and the promise of access' it has been suggested to me that party unity is more important than your democratic rights as delegates. That's right, it's not and you have a decision to make. Don't vote for us because you think we're perfect. Don't vote for us because of what we might be able to do for you only. Vote for the person who shares your ideals, your hopes, your dreams. Vote for the person who most embodies what you believe we need to keep our nation strong and free. And when you have done that you can go back... with your head held high and say, 'I am a member of the Democratic Party.'"

Et voilà comment Matt Santos remporte l'investiture. Et ce devant une foule en délire.

Et alors qu'on se dit que notre bonheur ne pourrait pas être plus parfait, et que décidément, Matt Santos est bien le seul capable de se mesurer à cette vieille carne d'Arnie Vinick, vlà-t-y pas qu'il s'agirait aussi de nommer un co-listier. Et ce co-listier, c'est Josh qui va le chercher. Et c'est Leo McGarry.

Avec le recul, je me dis que ce choix est incroyable. Ce n'est pas LE choix politique parfait car Leo est un homme de l'ombre, et il aurait pu être plus intelligent de s'assurer quelqu'un d'autre qu'un alcoolique repenti à peine remis d'un infarctus, quelqu'un capable de rallier le nord, par exemple. Mais en choisissant Leo, Josh choisit l'expérience, et aussi la sécurité. Leo, c'est un peu son modèle, son père spirituel, Leo ç'a été pendant six ans le grand chef qui lui a donné des ordres, qui l'a engueulé quand il faisait des conneries. Leo, c'est son modèle, son guide. C'est celui qui l'a aidé à sortir du puits dans lequel il était tombé. Et je suppose que pour surmonter ce lien hiérarchique et paternel parfois étouffant, et enfin finir cette croissance qui traîne en longueur, dans l'ultime saison qui va l'emmener jusqu'au bout de ses ressources, il fallait que Josh le choisisse. Pour constater aussi, comme tous les enfants doivent un jour le faire, que ce père spirituel n'est pas parfait, et pas forcément taillé pour cette mission. Bref, symboliquement, pour trouver sa place, Josh doit tuer Leo. Et c'est ce qu'il vient de faire. Et le plus dingue, c'est que ce n'était même pas prévu.

Brrrr.

 

621 : Things fall apart

Où commence la réalité, où s'arrête la fiction ? Et vice versa ? C'est ce que je me suis demandée ce matin en lisant (avec une tranquillité toute relative) mon canard au boulot. Ce soir, dans la vraie vie, se tient le caucus de l'Iowa qui ouvre le bal des primaires aux Etats-Unis et je m'en pourlèche d'avance. J'en profite d'ailleurs pour saluer mon lecteur de l'Iowa : coucou l'Iowa !

Bon, nous sommes un peu plus avancés, nous, dans la course à la Maison Blanche. On a déjà un candidat républicain, mais du côté des démocrates, c'est toujours le néant. Ca se regarde de travers tant que ça peut et d'un coup, sans prévenir, ça commence aussi à se faire un gringue monstre. C'est qu'il va être temps de dire : "Si moi je suis candidat, voilà mon vice-président potentiel". Eh ben comme Bingo Bob est décidément un gros malin, on manque de peu de se taper Al Bundy à la vice-présidence.

(Je vais vous dire, ce pauvre Russell me fait de plus en plus penser au Todd, dans Scrubs.)

En attendant, c'est quand même de la folie, les guests de cette série. Et jamais là où on les attend.

Bref, retournement de situation et voilà que maintenant, Russell propose à notre Mattounet d'être son vice-président. Ah non alors, je m'insurge ! Vice-président de cette nullité humaine, ce serait pire que tout !

Et c'est ce que Santos finit par comprendre. Et c'est en ça qu'on l'apprécie, ce type. Non, il ne vendra ni son âme ni son cul à ce pantin enfariné.

Sinon, je profite de cet épisode pour dire que j'adore Helen Santos. Je la trouve délicieuse. Et pendant toute la campagne, la suivant de près, on se demande ce qu'elle donnerait en première dame. Intelligente, élégante, mais jeune et très moderne. Elle est vraiment la conscience terrienne de Matt et en même temps, elle n'hésite pas à péter un plomb quand il le faut.
Et surtout, j'adore la relation très intense qu'il y a entre les deux époux. C'est vraiment chouette et très mignon.

Mais ce ne sont pas les seuls à être très mignons, dans l'affaire. On le sentait venir, Charlie a remis le couvert avec Zoey. Et bien entendu, qui le surprend quittant la chambre de la donzelle à une heure pas du tout chrétienne ?

Jed : Evening Charlie.
Charlie : Mr. President, hum...

Et comme Josh et Donna ne veulent pas être en reste, on a droit à une petite scène bien piquante autour de Santos VP ou pas qui m'a fait applaudir à deux mains.

Josh : Santos wouldn't do it.
Donna : Probably not.
Josh : Maybe why he shouldn't take the job.
Donna : Maybe why he's be a great choice. Restore some civility.
Josh : You want him to accept ?
Donna : You don't ?
Josh : I have concerns.
Donna : He's not hit man enough.
Josh : He's too much voltage at the bottom of the ticket.
Donna : Overshadows the nominee.
Josh : Gets people wishing the names were reversed.
Donna : Gets people willing to wait until next time.
Josh: How'd you get so smart about this ?
Donna : I had a good teacher.
Josh : Thanks.

Donna : I meant Will.

Et VLAN ! Il était déjà tout ému, ce vieux Josh. Bravo, Donna !

Bon, dernier épisode de la saison 6 en vue et désignation officielle du candidat démocrate... et de son VP. Uh uh.

 

620 : In God we trust

Ca se précise. Ladies and gentlemen, nous avons un candidat républicain. Arnie Vinick, le rouleau compresseur, qui se promet bien de ne faire qu'une bouchée du branleur démocrate qui recevra l'investiture... s'il y en a un. C'est que les trois plus sérieux candidats se disputent âprement la première place. Au point que si ça continue, personne ne va gagner.

Bartlet : How many delegates does Santos have ?
Toby : One thousand, five hundred, ninety-nine.... Russell's got 1677 and Hoynes has 956.
CJ : What's the magic number ?
Bartlet : Two thousand, one hundred, sixty-two gets you the nomination.

Mal barré, donc. Moralité, il faudrait que l'un d'entre eux cède sa place pour que le report sur l'un des deux restant permette d'atteindre le chiffre magique de 2162 voix.
Le même cas de figure se profile dans le clan démocrate, avec Obama et la Clinton qui se tirent la bourre et John Edwards en embuscade.

Seulement voilà, Jed Bartlet ça l'amuse moyennement que son parti se ridiculise de la sorte. Sous prétexte d'une petite photo de famille, il convoque donc Russell et Santos pour leur faire la leçon : si jamais ils disent des méchancetés l'un sur l'autre, ça va péter sa race.

(Qu'est-ce qu'il a l'air con, ce pauvre Bob... )

Première occasion pour nous de voir Matthew Santos pénétrer dans le Bureau Ovale. My oh my.

Et ce n'est pas tout. Un peu plus tard, c'est un autre illustre personnage qui s'en vient papoter avec le Président. Arnie himself. Ze ennemy number one. Sortez les fagots et la boîte d'allumettes !

Eh bien cela va pourtant donner lieu à une scène grandiose. Planqués dans les cuisines de la Maison Blanche, nos deux vieux briscards s'en vont philosopher au dessus de cinq ou six seaux (et non pots) de crème glacée en s'en mettant plein la lampe.

Incroyable, mais trop vrai. Ils vont donc débattre de la séparation de l'Eglise et de l'Etat car Vinick est vivement critiqué de ne pas être suffisamment pratiquant.

Vinick : You think a voter really needs to know if I go to church ?
Bartlet : I don't need to know, but then I'm not going to vote for you anyway.

Ah, j'adore cette ambiance. Ca, c'est tout Jed Bartlet. Et en ce sens, Arnold Vinick serait un bon successeur. Futé, classieux, mais avec ce côté parfois un peu distancié. Autant cette scène m'a fait halluciner, autant a posteriori je la trouve juste et intelligente. Ce Vinick est décidément un fameux client. Même que ce ne serait pas totalement hors sujet s'il devenait le successeur de Jed.

 

101 : Pilot

En route pour la fin de saison six, je m'octroie une petite parenthèse pour parler du tout premier épisode de la série que j'ai revu il y a quelques jours.
Un drôle de voyage en arrière, me direz-vous, mais indispensable quand je termine une série que j'aime. Histoire de boucler la boucle.

Et là, le choc.
Je ne comprends pas comment j'ai pu avoir un tel coup de foudre à l'époque !
Je ne comprends même pas comment j'ai pu y comprendre quoique ce soit !!! Est-ce le rythme effréné qui m'a séduite, cette galerie de personnages surmenés, ce décor illustre ? Je n'en ai pas la moindre idée !
Rétrospectivement, je trouve le tout très honnête malgré un léger coup de vieux (le générique de l'épisode deux est à se pisser dessus, on croirait du Jean-Michel Jarre ! ). Avec le recul, je pense qu'ayant vu six saisons et quelque de très haut niveau, le pilote me paraît somme toute bon, mais sans plus.

Toujours est-il que pour l'initié, il y a de quoi se lécher les babines.

Il y a deux ans, le temps de reprendre mes esprits passées les premières minutes où Rob Lowe picole un coup avec un copain, il faut bien le dire je n'avais guère prêté attention à ce qui se racontait.
Jeudi soir, je me suis régalée. D'abord parce que Sam Seaborn est décidément un PUTAIN de bonnard...

Ensuite parce que mine de rien, la première conversation de la série tourne autour de... Josh Lyman, s'il vous plaît... et enfin parce que même si je m'en souvenais diablement bien, voir Sam Seaborn se lever Lisa Cuddy, c'est quand même juste énorme.

Et elle est charmante, Lisa Edelstein. Elle a l'air très très jeune, très naturelle, aux antipodes de la poule de luxe qu'on découvre qu'elle est. Dommage pour Sam qui vient donc de se taper sans le savoir une prostituée, ce qui, en tant que proche conseiller du président des Etats-Unis, ne lui portera pas bonheur.

Revenons-en donc au héros du jour, Josh Lyman... que l'on découvre roupillant peu glorieusement sur son bureau.

Juste comme je l'aime, quoi.

Ah, faut-il qu'il soit encore jeune et fringant pour réussir à dormir étant donné ce qu'il se passe. La comparaison avec le grand Josh de la saison 7 est saisissante. Car au début de la saison 1, Josh a fait de grosses bêtises. Il s'est montré sous un jour agressif et pas très classe dans une émission de télé. Moment choisi :

Mary : I can tell you that you don't believe in any God I pray to, Mr. Lyman. Not any God I pray to.
Josh : Lady, the God you pray to is too busy being indicted for tax fraud.

Du Josh tout craché, quoi !

Et à vrai dire, tout Washington ne bruisse que d'une question : le président va-t-il renvoyer Josh ?

Heureusement, histoire de distraire un peu tout le monde, Mr Potus (le nom de code du president of the united states) a la diligence de nous faire le coup de l'accident de bretz... euh, de vélo.

Et l'on découvre alors le reste du cast. Une C.J. (qui a l'air d'avoir dix ans de plus que dans la saison 7) faisant son jogging en salle à 5 heures du mat', un Toby déjà très en forme niveau râleries ("Mind-boggling to me that we ever won an election"), un Leo survolté (petit pincement au coeur), et une trentaine de minutes plus tard, un président traînant la patte.

C'est très étrange, quelque part. Lorsque nous débarquons dans le petit monde de The West Wing, nous sommes parachutés sans plus de cérémonie dans une administration déjà âgée d'un an, où les relations sont déjà bien rôdées. Ainsi, Leo, secrétaire général, se retrouve à sermonner Josh, son second, comme un enfant (qu'il est). Re-pincement au coeur en ce qui me concerne car les paroles prononcées par le président à la fin de la saison 7 à Josh résonnent toujours à mes oreilles. Ainsi qu'en fait une bonne partie de la saison 7. Le voyage de ces deux-là est quand même extraordinaire et ce début de série place parfaitement la relation et le passage de témoin qui aura lieu plus tard, bien plus tard, entre les deux. Par la force des choses.

Ensuite, je n'osais croire à un tel bonheur mais... premier épisode et déjà première prise de tête entre Josh et Toby.

Mais une prise de tête qui n'a encore rien de la gravité de celle qu'on voit dans la saison 6. Bien au contraire, une prise de tête qui montre vite l'étendue de l'intelligence des deux bougres. Et de leur tendresse mutuelle, aussi.

Et puis je ne me souvenais pas si Donna apparaissait déjà dans le premier épisode. Eh bien si. Déjà, elle est là, dans l'ombre de Josh...

(Ã? divin symbole... )

... le poursuivant inlassablement, une chemise propre et repassée à la main.

Trop beau pour être vrai.

Mais une des vraies réussites de ce premier épisode, c'est sans conteste le duo Sam/Josh, les deux jeunots du lot, tellement différents, mais tellement proches dans leur côté un peu foufou... Quelle belle dynamique.

Sam : That the same suit you wore yesterday ?
Josh : Yeah. You ?
Sam : Yeah.

Ah, l'humour et la légèreté made in Sorkin. Clairement un gros atout des quatre premières saisons.

Par contre, gros gros foirage que le personnage de Mandy. D'entrée de jeu, on a juste envie de lui décalquer la gueule. Et ça me fait délirer de me dire que quelque part, Amy Garner n'est pas tellement différente d'elle. Même genre de poison. Enfin, il est logique, le père Josh, dans le choix de ses nanas.

Bon, et puis Martin Sheen, quoi. Martin Sheen qui débarque, vlan, et qui met tout le monde d'accord lors d'une gueulante mémorable, renvoyant les cul-bénis insultés par Josh à leurs sacristies, sous le regard ravi de toute l'équipe...

Bartlet : Now I love my family and Iâ??ve read my Bible from cover to cover so I want you to tell me from what part of Holy Scripture do you suppose the Lambs of God drew their divine inspiration when they sent my 12-year-old granddaughter a Raggedy Anne doll with a knife stuck through its throat ? Youâ??ll denounce these people, Al, youâ??ll do it publicly, and until you do you can all get your fat asses out of my White House. CJ, show these people out.

... sans oublier de lancer un avertissement terrible à Josh. Pas question de refaire le même coup, gamin.

En somme, tout est là. Incroyable. En regardant ce premier épisode dans la foulée de la fin de saison 7, on est stupéfaits par la logique du développement de chacun. Leur chemin semble tout tracé jusqu'à la fin. Que ce soit celui d'un président qui semble tellement plein de vigueur, de CJ la sportive nocturne, de Leo dirigeant son monde d'une main de maître, de Toby déjà au taquet, de Sam et de Josh, l'aristocrate aux dialogues ciselés et le génie mal peigné à grande gueule, finalement complémentaires et indissociables... Rah, la tête m'en tourne. Mais je ne voudrais pas totalement spoiler ce billet par des rebondissements qui auront lieu très tard dans la série. Donc je m'arrête là.
Mais si je ne retrouve pas l'émoi qui fut le mien en voyant cet épisode pour la première fois, je dois admettre qu'à la lumière de la saison 7, il a un charme tout à fait irrésistible.

 

619 : Ninety miles away

Oh, non, encore une review de The West Wing !

No problemo, ce ne sera pas long. Car cet épisode maison blanchien ne m'a pas plu du tout. Je l'ai regardé jusqu'à la fin parce que je me suis dit qu'on allait nous faire le coup des flashbacks de Kate Harper quand elle faisait sa Sydney Bristow, ça n'a pas raté et ça m'a fait mourir de rire.

J'ai trouvé toute l'intrigue autour de Cuba soûlante au possible et pas crédible pour un sou, passé le premier mouvement de surprise quand on se rend compte que Leo est parti voir Fidel. Et puis j'ai trouvé ça assez hypocrite. Enfin bref, pas gégé. Moi je louche définitivement beaucoup plus du côté de la campagne trépidante pour l'investiture démocrate.

Pour en revenir à Kate Harper, c'est quand même un personnage que j'aime bien. Relativement impénétrable mais très bonne, très directe, élégante, qui sort de l'ordinaire, quoi. Surtout pour une blonde.

Le choc de son dossier dont pas une phrase n'est rayée de noir, même pour la secrétaire générale de la Maison Blanche, c'est très fort. Ca en dit long, pas la peine d'épiloguer.

J'aurais presque aimé qu'ils aillent un poil plus loin dans les flashbacks avec Leo, qui alcoolo comme il l'était à l'époque, se souvient à peine d'avoir été ramassé par elle sur le bord de la route.

Et à propos de Leo... mais ils veulent vraiment l'achever, dites donc ?

 

618 : La Palabra

Oh, je sens bien que ça vous soûle, toutes ces reviews qui ne vous intéressent pas. Courage, plus que... 26 épisodes.

(Dommage que je bute depuis quinze jours sur ma review de House, je progresse de deux lignes chaque jour, il y a de l'espoir.)

De toute façon, pour cet épisode, je vais faire court. Je ne crache pas sur les enjeux de la candidature très "latine" de Matthew Santos parce que sérieusement, l'idée qu'il puisse devenir le premier président "United Colors of Benetton" me paraît à la fois tout à fait incongrue et extrêmement séduisante... l'ennui c'est que cela va tellement de soi qu'il risque d'être catalogué comme le candidat "brun" et les gens d'oublier qu'il a un vrai programme que je vois à peine l'intérêt de faire tout un épisode là-dessus. Un autre épisode reviendra un peu sur ce sujet et de manière plus sexy, en pimentant le tout d'un peu de communauté noire. Ici, ce fameux groupe latino qui fout la pression sur Matt Santos pour que celui-ci défende ses intérêts, notamment la lutte contre une vague de nouvelles lois anti-immigration, ne m'a pas passionnée. Trop prévisible.

Santos : I don't think I could do that, Eddie. It would define my whole campaign. I don't want voters to see me as just the brown candidate.

Voilà, merci bien. En une phrase, Matt résume toute la chose.

Bien plus intéressant, on se rend compte à quel point la campagne de Santos est à la rue financièrement par rapport à celles de Russell et Hoynes. Encore un peu et Josh va finir aussi chauve que Toby...

Fine équipe que ces deux-là, tout de même. Ca pète régulièrement, mais chaque fois, ça progresse beaucoup. J'adore ce duo. On voit qu'au fur et à mesure, ils apprennent à se connaître, même s'ils ne sont pas systématiquement sur la même longueur d'ondes, bien loin de là. Et j'aime beaucoup la distance qu'ils conservent l'un envers l'autre, c'est assez fascinant.

De l'autre côté, Donna continue son ascension. La voilà porte-parole de la campagne de Bingo Bob. Et moi de me ronger les sangs : mais que va-t-elle devenir quand Bob l'Eponge va contre toute attente se faire laminer par Santos ?

 

617 : A good day

Tu m'étonnes. Une putain de bonne journée, oui !

Alors, voici encore un épisode clé. Oui, encore, pour une bonne raison : on y découvre que Matthew Santos, outre le fait d'être un canon cosmique, un père de famille exemplaire, un époux attentionné (et visiblement comme on le découvrira plus tard, plein de vigueur, uhuh), eh bien ce Santos, en plus de tout cela et comme si ce n'était pas suffisant, est également sacrément dégourdi.

On connaissait déjà le sieur Haffley, républicain et speaker au Congrès (plus tard catapulté mari de Bree van de Kamp) comme étant un sournois doublé d'un fat, mais malheureusement très intelligent. Eh bien ce vil monsieur trouve son maître dans ce formidable épisode qui peut en plus se targuer d'être désopilant.

Car jusqu'à présent, ce Haffley en a fait baver des ronds de chapeau à la Maison Blanche puisque le Congrès est passé républicain depuis une paye. Et il continue, ce formidable enfoiré. Au moment de faire voter un texte qui ne l'arrange pas sur les cellules souches, il fait en sorte que le jour où tous les députés démocrates sont là (y compris Matt Santos, donc), eh bien ce texte ne soit pas proposé. Ah ah ah, le gros malin ! Et regardant partir tout ce petit monde d'un air narquois, il se promet bien de représenter la chose une fois que ceux susceptibles de voter pour aient dégagé la piste. Y compris Matt Santos, donc.

Et qu'est-ce qu'il fait, Matt Santos ? Eh bien il organise l'insurrection. Ralliant tous les députés démocrates à son panache blanc (mais sans leur promettre la poule au pot), il planque tout ce petit monde dans le bureau d'un copain député et au terme d'une nuit blanche, s'assure que Haffley va bien présenter le texte au vote, et au nez à la barbe du malappris, déballe toute sa troupe.

Ah ça, cette scène où il débarque d'un pas viril de conquistador et salue poliment le Speaker médusé a eu raison des dernières réserves que j'avais à son sujet. Oui, Josh, finis de nous le dresser, notre futur président, parce que pour sûr, personne d'autre n'aurait osé faire ce qu'il vient de faire.

N'est-ce pas Mister Speaker ?

Comme je le soulignais dans l'épisode précédent, nous avons donc quelques petites scènes très sympatoches et qui nous sèment un malaise délicieux. Oh tiens, bonjour mon ex !

Woups !
D'autant que l'ex en question est maintenant... le remplaçant de Josh dont il occupe le bureau de manière extrêmement ostentatoire.

Avec ça que de toute évidence, il ne serait pas contre de remettre le couvert avec la blonde.
Ah c'en est trop, mon brave ! J'imagine que Josh le défierait bien en duel, mais il se trouve que malgré une nette tendance au républicanisme, Cliff va leur être d'une aide précieuse pour la manip dite du Speaker niqué. Donc on le garde.

A part ça, j'ai bien aimé la rencontre entre Santos et Donna, roupillant tout son saoul dans un canapé et surprise en pleine ronflette par le député...

Santos : You're Russell's chicken fighter ?
Donna : Donna Moss, pleased to meet you.

Petite rencontre qui à l'époque m'a laissé à penser qu'ils auraient encore à faire ensemble. Je ne me trompai pas.

Et pour en revenir à Matt Santos, sa nuit blanche est très chouette. Alors qu'un parterre de députés démocrates dort sur le tapis, attendant leur heure, ce grand homme passe ses quelques heures de repos à expliquer au jeune récalcitrant qui leur offre l'asile à quel point cette loi lui tient à coeur et pourquoi.

Décidément, l'envol de ce Santos est spectaculaire. Il fallait bien quelqu'un comme Josh pour entrevoir le potentiel de ce bonhomme.

 

616 : Drought conditions

Ah nom d'un chien. Cet épisode, c'est fioooou. Encore un sacré tournant dans la série, pour plusieurs raisons.

La première, c'est que oui, l'absence de Josh commence à peser bien lourd sur la Maison Blanche. Et qu'il s'agirait peut-être bien de nous le remplacer.

C.J. : This lack of Josh is becoming a problem.

L'ironie du sort est mirifique. Le remplaçant de Josh, même si ce n'est pas encore officiel, c'est un gars qu'on a connu il y a bien longtemps, un certain Cliff Calley qui à l'époque avait joué un rôle assez terrible dans l'enquête sur l'alcoolisme de Leo, la sclérose en plaques du président, etc. Aujourd'hui il est impliqué dans la lutte pour je ne sais plus quelle rivière, enfin bref. La double ironie, c'est que ce garçon était celui que Donna s'était un tout petit peu tapée l'air de rien et Josh avait dû faire un cirque pas possible pour empêcher que ça ne devienne dangereux pour tout le monde. C'était un épisode vraiment excellentissime, et ça remonte à la saison 3, c'est dire s'il serait temps qu'il se passe des petites choses. A ce stade de la série.

La triple ironie, c'est que lorsque Josh débarque à Washington, C.J. lui demande l'air de rien ce qu'il pense de cette histoire d'eau. Et Josh, mettant comme toujours tout le monde d'accord en dix secondes, lui sort une analyse qui est mot pour mot celle de Cliff Calley et appuie sans le savoir sa candidature à son remplacement.

Ce qui stupéfie la nouvelle Chief of Staff.

Et nous promet de petites scènes délicieusement gênantes.

En fait, c'est tout l'épisode qui est superbement écrit, par séries de flashbacks, autour d'un Toby très abattu qui discute avec une femme mystérieuse dans un bar.

(Tellement mystérieuse qu'elle a fait l'ascension, d'ailleurs, puisqu'il s'agit d'Oma Desala.)

Et au fil de l'épisode, on découvre qu'en fait, le frère de Toby, David, est mort. Cela me permet d'évoquer un petit peu la relation en Josh et Toby qui a toujours été très complexe. Beaucoup de choses les rapprochent, ils sont un peu du même coin, ont ce petit côté New Yorkais râleur, un humour très cynique, ce sont deux têtes de con, ils sont redoutablement intelligents, sans doute bien plus que tous les autres, et c'est sans cesse une source de problèmes pour eux, c'est souvent ce qui les met en danger. Avec ça, ils ont une grande gueule. Mais tout au long de la série, il serait impossible de ne pas voir à quel point ces deux-là, malgré leurs prises de bec, forment une équipe de choc et s'entendent comme larrons en foire. Du moins jusqu'à ce que Josh quitte la Maison Blanche pour diriger la campagne de Matt Santos. Je crois, à y bien réfléchir, que Toby ne s'en remettra jamais. Que c'est un peu le coup de grâce pour ce personnage mélancolique et certainement au fond de lui très rêveur. Le départ de Sam l'avait bien moins affecté. Et là, avec la mort de David, c'est l'occasion de lâcher le morceau. Poussé à bout par un Josh pas super content de sa journée et sans doute inquiet de voir un nouveau candidat démocrate tenter de tirer la couverture à lui en reprenant des idées de Toby pour sa campagne, et alors qu'il ne se gêne pas pour expliquer à Josh à quel point son départ de la Maison Blanche ("walking away") a foutu le bordel, le ton monte à une vitesse ahurissante.

Josh : Does it bother you that someone's stealing your stuff ? Does that trouble you at all ?
Toby : It doesn't.
Josh : It would. You're not a good sharer. The only way it doesn't bother you is if you handed it to him yourself.

Josh : You are a selfish petty...
Toby : Get out.
Josh : ...waste of the oxygen in the air that useful people could be...
Toby : GET OUT !
Josh : You get out you selfish son of a bitch !

Et c'est comme ça que les deux copains finissent par se mettre sur la gueule, mais proprement. Je vous jure que ça m'a brisé le coeur, de voir ça.

D'autant qu'on les sait tous deux extrêmement rancuniers et têtus. Donc c'est très très mal barré. Cela n'aurait été qu'un mouvement d'humeur, on aurait été moins inquiets, mais ça ne l'est pas. D'ailleurs, lorsque C.J. va parler à Toby après le carnage, on se rend compte que celui-ci avait très bien choisi ses mots. Il lui confie (et vlan dans not' gueule) que David n'est pas mort d'un cancer. Il s'est suicidé après avoir appris qu'il était malade.

Toby : He could've had years. But instead... He just dropped everything and walked away.

Bouhouhouh. Pauvre Toby.
Comme il doit se sentir abandonné de tous... Comme ce qui vient de se passer va peser sur la fin de la série, en ce qui le concerne.

Et bien sûr, à la fin de l'épisode, on découvre que la charmante dame avec laquelle il discute n'est pas du tout un rendez-vous galant. C'est le sénateur Rafferty en personne. Josh avait donc raison.

Mon Dieu, mon Dieu, mais qu'on nous prévienne avant de nous faire des coups pareils !

 

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