Youhouuuu, review de House, sonnez clairons, résonnez trompettes, citizens rejoice ! Le Dark Side et La Sorcière ont enfin démarré la saison 6 de House ! 
Bon, eh bien au revoir, Three Stories, ancien épisode préféré de moi. Il est temps de céder la place à Broken ! (Et là, la moitié du lectorat s'évanouit de soulagement.
)
Mais oui, évidemment que j'ai adoré cet épisode ! Franchement, c'est le meilleur épisode de House que j'aie vu à ce jour, largement mon préféré de tous !
Non seulement il est simple, lisible, dénué de fioritures, de parasites en blouses blanches et de soupe de cervelle à la con, mais en plus, il est magnifiquement mis en scène, admirablement monté, le récit est parfait, il y a un début et une fin, la musique n'est pas trop envahissante, bien choisie, les acteurs sont magnifiques. C'est pas un épisode, c'est un vrai film. Et puis il y a Hugh, quoi.


Première séquence à couper le souffle. J'aurais pu être gênée d'entendre pour la énième fois Radiohead, surtout une chanson aussi "usée" que No surprises, mais non. C'était sublime. Expédier de cette manière la désintox du Boiteux, sans générique, dans cette ambiance bleutée, iréelle, avec des gros plans aussi douloureux, c'était vraiment gonflé. J'ai adoré.





C'était bien de nous expédier ces scènes pénibles le temps d'une chanson.
Forcément, pour la renaissance de la Bête, hop, on récupère des couleurs normales. Ca n'en reste pas moins beau.


J'ai pourtant beaucoup soupiré à l'idée de devoir m'enfiler un épisode d'une heure et demie, en dehors du fait que c'est difficile à caser dans notre emploi du temps, au Dark Side et à moi.
C'est un exercice difficile, tout de même, on peut vite trouver ça longuet et chiant-chiant. Sauf que là, jamais. Parce que s'il y a bien quelqu'un dont les silence et les attitudes ne sont jamais ennuyeuses, c'est Hugh Laurie. Et il est fort aidé par la caméra de Katie Jacobs que j'aurais pu embrasser tellement elle le filme avec amour, tellement elle le rend beau, de même que tous les membres de ce cast d'un jour.
Ces personnages secondaires que l'on découvre à l'hôpital psychiatrique de Mayfield, je les ai incroyablement aimés. On ne sait rien d'eux, ou presque. On ne sait pas ce qui les a amenés ici, ce qui est à l'origine de leurs pathologies, et pourtant, ils sont vrais, ils existent un peu plus à chaque minute, on en vient à les aimer, à sourire de les voir aller mieux, après le moment glaçant où House entre dans la salle commune.


Le corps médical est également superbement représenté. Surtout par le Dr Nolan qui nous a fait un effet incroyable, à Marge et à moi. House le rencontre, entre dans son bureau pour prendre congé, fait son show.

Et là, ce type produit un demi-sourire. On s'est regardées. Il vient de nous faire quoi, là, le monsieur ? Ah ben il vient de nous avoir, tout simplement. Pas besoin d'en faire plus, on est séduites.

Il faut bien un toubib de ce gabarit pour parvenir à déjouer les manigances de House qui dans un premier temps, n'a pas du tout l'intention d'abandonner ses anciens travers.
Nolan : You need to stop fighting against the system. You need to let me do my job.
Ca fait de la peine, d'ailleurs, de constater à quel point il ne sait pas fonctionner autrement qu'en foutant sa merde, à quel point il est incapable de baisser la garde et d'envisager autre chose que de se faire haïr pour arriver à ses fins.

Ca fait de la peine et c'est très agaçant de le voir se la jouer petit, de se contenter de sa désintox, alors qu'il a l'occasion, là, de se refaire une vraie santé mentale, de se reposer, merde, d'arrêter la représentation perpétuelle à laquelle on a droit depuis six ans. Sérieux, nous aussi on mérite un peu de repos, quoi.
On a eu une année difficile, quand même. La mort d'Amber, celle de Dad, celle de Kutner. Pouces, quoi !
Il y a aussi la petite dame blonde qu'on a trouvé vraiment chouette. Le Dark Side a même décidé que c'était un combiné de la Trinité féminine de Princeton Plainsboro, avec le côté un peu tranchant de Thirteen, les accents maternels de Cuddy et la personnalité douce et enveloppante de Cameron.


En parlant de ça, ce que j'ai trouvé fabuleux et qui apporte une grande bouffée d'air frais, c'est l'absence, justement, de ces gens de l'extérieur. Pas de Cuddy, pas de Cameron, de Chase, encore moins de Thirteen ou de Taub. Aux oubliettes toutes les relations complexes qu'il entretient avec ces gens qu'on finit par trop connaître et qui finalement, à mon goût, occupent presque trop de temps d'écran.
A part un Wilson pendant quelques poignées de secondes, héroïque, qui raccroche au nez de son ami, pour son bien.


Tout ça pour dire qu'au cours de la saison dernière, j'ai souvent regretté que House passe parfois au second plan. Et j'ai souvent pensé que s'il était le seul personnage central de la série, elle marcherait encore mieux. Ben cet épisode me donne raison. Il est de toutes les scènes, et j'ai trouvé ça magique.
Alors House est bien obligé, malgré sa mauvaise volonté, de se plier aux règles de Mayfield, lui qui a toujours ignoré celles de Princeton Plainsboro et de la vie en général. Ici, il n'est qu'un patient comme les autres, rétif dans un premier temps, ce qui n'est pas sans être hilarant, d'ailleurs.
Mais à force de ne pas vouloir guérir, on entrevoit quand même le changement. D'abord, ce sont des sourires. Oh, pas des sourires de petit angelot, mais force est de constater que ce sont des sourires, et ça, dans le monde de House, c'est rare.


Son colocataire (qui fait une entrée remarquable, oh mon Dieu), de formidable casse-couille, devient bientôt un allié.




Et petit à petit, les liens se tissent, même s'ils sont un peu particuliers.


("Show me your best poker face.")


(Tu pisses dans mon bocal, je te file mes pilules mouillées de salive.)



(C'est moi ou d'un seul coup, cette photo promo prend tout son sens ?)

Et c'est aussi grâce à ses petits camarades de jeu que le vieux Greg avance. En s'attachant malgré lui.
J'ai trouvé géniale l'intrigue de Steve, le Freedom Master, d'ailleurs. Et la férocité avec laquelle House le défend. Lui qui tente tellement de guérir les gens, d'ordinaire, ici, il fait tout pour rendre à Steve sa folie douce de superhéros. Allant jusqu'à l'enlever pour le faire voler. Même si c'est pour faire bisquer le corps médical, mine de rien, House s'éclate dans la NewBeetle de sa copine Lydia, et ce petit moment de liberté m'a arraché quelques "gnihihi" ravis.





Malheureusement, la chute (hem) est rude. Surtout pour Steve.


Steve : Thank you, Greg.
Mais aussi pour House. Oh, cette mine hébétée, elle a manqué de m'arracher les larmes.


Pas besoin qu'on le branche sur secteur pour les électrochocs, il en prend un sacré, là, le père Grego. Sans compter le joli savon de Nolan qui veut l'envoyer dans une institution un peu plus costaud. Ce ne sera même pas nécessaire.

L'homme a compris. C'est la fin, il rend les armes. Pas trop tôt

Nolan : Everything about your life has been about finding the truth. But suddenly with this guy, you decide to re-inforce a sick man's delusions! You want to take a swing at me, huh ? You don't care about getting out. You don't care about him. You don't even care about the truth ! You don't care about anything House ! I'm tranferring you to Winslow Psychiatric. You'll have better luck pulling the wool over their eyes. I'm done.
House : Don't. I need help.
Et voilà, ze big tournant de l'épisode. Le masque tombe et on a enfin l'illumination : en fait, House n'a fait qu'aller de pire en pire depuis qu'on le connaît. Asocial, il l'a toujours été, mais à l'origine, ça servait encore ses objectifs en tant que médecin. Entretemps, c'est devenu un mode de fonctionnement, il n'est plus capable d'en sortir, il tourne en boucle, ça le dessert plus que jamais, c'est devenu le pire de ses handicaps.
Et la patte, ah ! La patte, dites voir. D'un seul coup, on se rend compte aussi que ça fait bougrement longtemps qu'on n'en a pas entendu parler de cette patte. Le Wiwi pose la question, mais il n'y a rien à dire sur la patte. Cette foutue patte, on le devinait depuis Stacy, mais c'est vraiment un prétexte, un écran de fumée. Voire même un symptôme, en fait. La patte, ce n'est rien d'autre qu'une manière d'exprimer une autre souffrance, c'est l'arbre qui cache la forêt. Et tout le monde a toujours marché, couru, avalé la manip'. Sauf que Nolan, il n'avale pas lui. Même House qui boitille plus que jamais ne la ramène pas, la patte. Oubliée, la Sainte Papatte.
Et honnêtement, là d'un coup, les "I'm in pain" proférés sur tous les tons pendant cinq saisons prennent une tout autre dimension.
D'où ce petit échange que j'ai trouvé ravissant.
Alvie : They broke you.
House : They didn't break me. I am broken.
Chbam.
Voilà, merci, House. Comme dit Nolan : "You're not God, you're just another human being."
Non parce que le petit complexe de supériorité pour cacher qu'au fond de soi, on se sent comme une merde qui ne mérite rien d'autre que de vivre seul comme un con avec un rat, ça va bien cinq minutes.
Enfin, elle est très vraie, cette descente aux enfers. Plus vraie que bien des péripéties vécues par notre héros au fil de la série. Ca, j'adore. Parce qu'on en passe tous par là un jour, j'imagine. Enfin moi, perso, j'y suis passée. A deux doigts de péter mon dernier boulon. C'est à ce moment-là qu'il faut arrêter de se leurrer, de croire qu'on peut tout régler tout seul, de fermer les yeux sur ce qu'on s'inflige pour sauver des apparences dont tout le monde se fout comme de l'an quarante. Une fois qu'on a lâché ça, ça y est, on peut remonter la pente. Et cette petite leçon d'humilité, elle fait le plus grand bien à un type comme House.
(A l'époque, elle m'a fait le plus grand bien aussi. Même si ça fait très mal de se rendre compte qu'on ne peut pas tout gérer tout seul.)
C'est là qu'intervient la fille normale. Lydia, donc. Une fille normale, ni laide ni jolie, juste normale. Enfin un peu plus que normale, forcément.

Ca m'a sciée, j'avoue, que House vive une histoire d'amour dans cet épisode. Non parce que franchement, on connaît le bestiau, hein.

Voilà, vous voyez, quoi.
Mais finalement, là, tout est charmant, délicat, drôle, plein de sourires, de silences. C'est tellement reposant...


Tellement bien, quoi. Pas parfait. Juste bien.




Que de progrès accomplis...




De petites fiertés mises à part...



Dans la deuxième partie de l'épisode, j'ai trouvé les transitions fabuleuses. Là, on finit sur un petit moment délicat et un peu moite, et paf, on enchaîne sur cette macarena aux couleurs criardes. 

Rah, le spectacle de l'asile. Génial, vraiment.

Mon préféré !


Et même House se prête au jeu pour venir en aide à Alvie...


C'est super dur de passer de ça à la vision du pauvre Steve, complètement à la ramasse depuis son envol raté. La culpabilité de House est vraiment terrible.


Mais il avait dit qu'il le sauverait. Et il le fait, bien sûr. Et ce que j'ai trouvé de plus magnifique dans cette histoire, c'est qu'il sauve Steve qui lui-même sauve Annie, l'amie de Lydia.




Annie : Thank you.
Steve : You're welcome.

Cette scène, oh là là, cette scène. Elle est incroyable. Irréelle, comme si le temps était en suspens, pendant quelques précieuses secondes. 
House ne sait pas que cela va lui coûter sa petite romance. Bien sûr, les larmes de joie sont une chouette récompense.




Mais du coup, Annie s'en va. Et Lydia aussi. Avec son mari. Et ses enfants.





Entre nous, on se doutait bien que ça ne durerait pas. Le récit est trop bien maîtrisé pour que ça déborde de cet épisode. Et c'est ce qui rend cette heure et demie aussi belle. Le fait qu'on ne reverra sans doute jamais tous ces personnages.
Mais j'ai vraiment aimé que House se permette ça, qu'il soit prêt à s'offrir une nuit d'amour. Et que Nolan vienne ensuite lui expliquer à quel point c'était important qu'il vive cette histoire, même si c'est un échec.


Oui, j'ai aussi aimé leur relation qui évolue au fil du temps, à mesure que House cicatrise. On sent vraiment le respect mutuel, le lien qui se consolide. Et le fait que Nolan soit plus que le psy de service, qu'on apprenne que lui aussi est un House dans son genre, sans famille, sans amis, avec un père mourant, qu'il le partage avec House... c'était énorme.



Arrive le Re-birthday (oh, j'adore ce concept !). Ca me fait tout chose de revoir ces captures. Cette fin est tellement belle, tellement lumineuse, c'est splendide.










House le clown ! On aura tout vu !
Enfin, la libération. Quand je repense à la scène où Wilson l'abandonne là, devant le bâtiment... Wow.


Ravie de voir House repartir tout seul, comme un grand. Et constater qu'il a suffisamment aidé Alvie pour que celui-ci accepte à son tour de se soigner, rah. Trop mignon.

Et voilà. House monte donc dans le bus qui le ramène à la maison.

Avec le t-shirt de son ancien colocataire.

La boucle est bouclée, un autobus en chasse un autre. Superbe symétrie qui renvoie à la mort d'Amber et à tout ce qui l'a suivi. House est guéri. Mais pour combien de temps ? Est-ce qu'on peut suivre un House sans vicodine ? Est-ce qu'il replongera aussi vite que dans la saison 3 ? Est-ce qu'il tiendra le coup à Princeton Plainsboro ?
Je suis bien persuadée que rien que les doutes que son entourage professionnel ne manqueront pas d'émettre vont l'aider à redescendre. J'enrage d'avance. 
Et pour finir parce qu'il le vaut bien tellement il est au-dessus de tout dans cet épisode, les captures de Hugh que je n'ai pas pu caser mais qui ne doivent PAS moisir dans mon Photobucket sans être postées.






Et ma préférée, sans doute.

Voilà. Inutile de dire que j'angoisse à mort au sujet de la suite ! 